dimanche 29 mars 2009

La Meije à l'honneur pour le 200e ouvrage décrit.

J'ai décrit ce week-end mon 200e ouvrage de la bibliothèque dauphinoise. C'est un bel ouvrage qui allie parfaitement la bibliophilie et l'amour de la montagne.

En 1930, le lyonnais Achille Escudié, au soir de sa vie, se fait un petit plaisir personnel en immortalisant une page mémorable de sa vie, son ascension des arêtes de la Meije en 1895. Rassemblant un graveur, des illustrateurs, des artisans du livre, il met tout son soin à faire un bel objet, bien illustré, ne choisissant que des papiers de qualité et offrant à ses proches ce souvenir de leur parent et ami.


Cela donne cet ouvrage tiré à seulement 90 exemplaires : Les Arêtes de la Meije, "édité aux dépens de l'auteur et pour ses amis" en 1930. L'exemplaire décrit est sur Japon impérial.

Le texte avait été publié dans l'
Annuaire du Club Alpin Français, 1896. Mais l'ouvrage vaut surtout pour les belles représentations de la Meije, d'après des dessins de Jeanès et de l'affichiste Libis (Herbert Libiszewski), gravés par Georges Beltrand. En voici un florilège :







On peut regretter l'époque où les amateurs éclairés, pour laisser un souvenir d'eux, mettaient un peu de leur fortune à faire un beau livre. Quel souvenirs laisserons-nous ? des blogs ?


Poursuivant sur les ouvrages consacrés à la Meije, j'ai décrit plus précisément deux petites plaquettes.

La première est le récit d'une série de tentatives d'ascension de la Meije par Henry Duhamel en août 1875, alors que le sommet était encore invaincu.
Tentatives d'ascension au Pic Occidental de la Meije ou Aiguille du Midi de la Grave (Hautes-Alpes), Paris, 1876.


Avec ses compagnons de cordée, ils cherchaient la voie pour atteindre le sommet. Cet été-là, ils tentèrent de la gravir par la face nord. Ils durent renoncer. Cette petite plaquette est illustrée de quelques belles photographies et d'un dessin d'Emile Guigues.



Autre plaquette, le récit d'une ascension de la Meije par Ernest Thorant en 1890 :
Ascension au Pic occidental de la Meije ou Grande-Meije ou Grande-Meije. 3,987 m., Paris, 1890.


Ernest Thorant, un alpiniste prometteur, fondateur du Rocher-Club de Grenoble, s'est tué à la Meije le 20 août 1896. Il est enterré au cimetière de Saint-Christophe-en-Oisans.

Ayant fait cette ascension avec sa femme, il termine son texte par : "Les femmes qui veulent peuvent en montagne, autant que les hommes". Cela peut paraître naïf, mais ce n'était pas aussi évident à cette époque qui, à quelques exceptions près, n'avait guère vu de femmes s'illustrer en montagne.


Pour finir, deux photos spectaculaires : un loup au Plan-de-Phazy, près de Guillestre. Ces photos, prises par un agent de l'ONF cet hiver, démontrent, s'il en était besoin, que le loup est bien présent dans les Hautes-Alpes. Cela me donne envie de décrire quelques ouvrages que nos anciens lui ont consacré, plein de la terreur qu'il suscitait.



dimanche 22 mars 2009

Encore les torrents des Alpes, un panorama depuis la Tête de la Maye et une traduction de l'allemand.

Pour finir sur le thème qui m'occupe depuis quelques semaines : les torrents, le reboisement des montagnes, etc., j'ai décrit un recueil de 6 ouvrages sur ce même thème. Ils font le lien entre l'ouvrage fondateur d'Alexandre Surell, Etude sur les torrents des Hautes-Alpes, 1841, qui posait pour la première fois le problème, et l'ouvrage de synthèse sur le sujet : Traité pratique du reboisement et du gazonnement des montagnes, de Prosper Demontzey, dont la 2e édition a paru en 1882. Ce recueil contient des ouvrages tous liés aux lois de 1860 et 1864 sur le reboisement et le gazonnement des montagnes. Ce sont :

  • Lois du 28 juillet 1860 et du 8 juin 1864, sur le reboisement et le gazonnement des montagnes, précédées des rapports et exposés qui ont motivé leur présentation au Corps Législatif, et suivies du décret du 10 novembre 1864, portant règlement d'administration publique pour leur exécution. 1870.
  • Direction générale des forêts. Reboisement et gazonnement des montagnes. Instruction générale, par Henri Faré, 1875.
  • Les torrents des Alpes et le pâturage. Seconde édition, par Louis Marchand, 1876.
  • Le reboisement et le regazonnement des Alpes. 1864. 2e édition (conforme à la première), par Auguste Mathieu, 1876.
  • Exposition universelle de 1878. Notice sur les cartes, dessins, modèles et ouvrages relatifs aux travaux du service de reboisement des montagnes dans le bassin de la Durance (Basses et Hautes-Alpes), par Prosper Demontzey, 1878.
  • Reboisement des montagnes (Exécution des lois du 28 juillet 1860 et du 8 juin 1864). Compte rendu des travaux de 1869 à 1874. Rapport, par Prosper Demontzey, 1875.
Tous ces ouvrages ont été publiés à Paris, par l'Imprimerie Nationale.



J'ai déniché dans une vente aux enchères de Villefranche-sur-Saône un panorama photographique pris depuis le Tête de la Maye, au-dessus de La Bérarde. On y voit tout le massif depuis La Meije, jusqu'aux Bans, en passant par les Ecrins. Ces photos sont signées de Tairraz et peuvent être datées des années 1900. La panorama complet fait 109,3 cm de long sur 19,6 cm de haut. Il permet d'illustrer les pages consacrées aux Images anciennes de la Meije et aux Images anciennes des Ecrins.


Pour finir ce soir, un fidèle lecteur de mon site, libraire en Allemagne et bon connaisseur de la langue française a traduit la page de titre de cet ouvrage que j'ai décrit il y a quelques semaines : publié à Leipzig en 1724, c'est une entrevue imaginaire au "Royaume des Morts", entre Lesdiguières et César, duc de Vendôme. C'est un ouvrage en allemand, publié par David Fassmann, qui appartient à une série d'entretiens imaginaires parue sous le titre de : Gespräche in dem Reiche derer Todten
La page de titre est :

La traduction proposée depuis un allemand "baroque" est :
Entretiens au royaume des morts, soixante-seizième entrevue, entre le très-fameux duc de Lesdiguières, connétable de France, et le défunt duc de Vendôme, également un très brave maréchal de France, contenant la vie, le courage de lion, et les grands exploits de ces deux personnes extraordinaires et excellentes.
Avec la substance des choses remarquables les plus nouvelles et des réflexions curieuses sur celles-ci.

vendredi 13 mars 2009

Descendants

En quelques jours, j'ai eu deux contacts avec des descendants de personnes que je cite. Cela a donné lieu à des échanges intéressants, qui m'ont permis de compléter utilement mon site.

Le premier est un arrière-arrière-petit-fils d'Alexandre Surell, dont j'ai abondamment parlé les semaines dernières. Il m'envoie un portrait d'Alexandre Surell à la fin de sa vie.


Il me donne aussi de très intéressants détails sur les origines de la famille Surell. Je recopie quelques uns de ses commentaires :
"Les ancêtres d'Alexandre étaient protestants. A la révocation de l'édit de Nantes, comme beaucoup de protestants à cette époque, très implantés dans votre région, ses ancêtres se sont exilés en Suisse (Nyon, canton de Vau), puis en Allemagne (Bernau, Brandebourg), enfin en Pologne (Varsovie). Lors de la retraite de Russie de la Grande Armée, ils sont rentrés en France.

Cette origine Protestante est sans doute à l'origine de son coté sérieux, travailleur et entrepreneur d'Alexandre. Moderne à son époque, inventif, curieux, sensible aux choses de la nature et de la vie, philosophe, Surell est un esprit éclairé".


L'autre descendant est l'arrière-petit-fils de Daniel Mourral (1864-1938), dont j'ai reproduit l'ex-libris sur la page consacrée aux ex-libris dauphinois.


Par ce contact, j'ai obtenu quelques renseignements biographiques qui m'ont permis d'enrichir ma page. J'ai appris que Daniel Mourral était le neveu d'Henri Maillefaud (1837-1857) et donc que le livre que je possède a d'abord appartenu à celui-ci avant de passer à son neveu Daniel Mourral. Cela explique qu'il contient le rare ex-libris d'Henri Maillefaud (ou de Maillefaud).


dimanche 8 mars 2009

Prosper Demontzey et le reboisement des montagnes

Après l'ouvrage fondateur d'Alexandre Surell, Etude sur les torrents des Hautes-Alpes, dont j'ai présenté les deux éditions de 1841 et de 1870-1872 dans les messages des semaines précédentes, j'ai poursuivi cette semaine sur le risque torrentiel par le deuxième grand ouvrage sur le sujet, véritable synthèse des politiques de reboisement des montagnes :
Traité pratique du reboisement et du gazonnement des montagnes, de Prosper Demontzey.
Il s'agit de la 2e édition, revue et augmentée, publiée par J. Rotschild, à Paris, en 1882. La 1ère édition, parue en 1878, n'avait été distribuée qu'aux Administrations, ce qui explique sa rareté.


Dans ce
Traité, Prosper Demontzey présente les fondements de la politique de reboisement des montagnes, qui se concrétisera par la mise en place de la RTM : Restauration des Terrains de Montagne.

Sur ce sujet, je ne peux que renvoyer à
Restaurer la montagne. Photographies des Eaux et Forêts du XIXe siècle, 2004, dont j'ai déjà parlé.

Prosper Demontzey (Saint-Dié (Vosges) 21 septembre 1831 – Aix-en-Provence 20 février 1898), ingénieur des Eaux et Forêts, est un des précurseurs du reboisement en France. Il a surtout travaillé dans l'Ubaye, où il a mené des travaux sur des torrents comme celui du Bourget ou de Faucon. C'est le fruit de ses expériences qui a enrichi son ouvrage. Il a aussi œuvré dans les Pyrénées, au Pic de Péguère, au dessus de Cauterets. Une stèle a été élevée en son honneur.


Une petite remarque sur ce
Traité. Malgré l'importance de cet ouvrage, qui est cité dans toutes les études sur le sujet, il est particulièrement rare, puisque on ne le trouve qu'à la BNF. Pour ma part, je ne l'ai quasiment jamais revu depuis l'achat de cet exemplaire. Evidemment, il n'y a pas d'exemplaires en vente sur Internet.

Pour finir, votre serviteur ayant participé au concours de
L'Alpe, l'excellente revue publiée par les éditions Glénat, je vous laisse découvrir le résultat.


Il s'agissait de décrire notre Alpe. Le concours s'appelait : "Et vous ? dites-nous votre Alpe".

Je ne vais pas déflorer le contenu de mon texte, qui paraitra en mai, mais il n'est pas sans rapport avec le contenu de ce blog.

dimanche 1 mars 2009

Les Torrents des Hautes-Alpes, suite par Ernest Cézanne.

La semaine dernière, je décrivais l'ouvrage fondateur sur le phénomène torrentiel dans les Alpes :
Etude sur les torrents des Hautes-Alpes, d'Alexandre Surell, Paris, 1841

Près de 30 ans plus tard, une deuxième édition a paru en 2 volumes, chez Dunod à Paris, en 1870 et 1872.
Etude sur les torrents des Hautes-Alpes. Deuxième édition avec une suite par Ernest Cézanne.

Le premier volume est la reproduction de l'ouvrage de 1841, avec quelques corrections. Le deuxième volume est une suite donnée par Ernest Cézanne (Embrun 1830 - Tours 1876), ingénieur des Ponts et Chaussées, comme Alexandre Surell, député des Hautes-Alpes et président du Club Alpin Français. Il s'intéresse plus particulièrement à l'influence de la forêt et du déboisement. A ce propos, il pose une question bien actuelle : Le déboisement de la France a-t-il modifié la température moyenne de l'année ?

Cette réédition contient une belle reproduction d'un dessin d'Emile Guigues représentant Embrun et ses montagnes.


Certains exemplaires contiennent aussi deux cartes géologiques en couleurs, d'Elie de Beaumont.



J'ai la chance de posséder deux exemplaires. Le premier appartenait à un certain Monsieur Vaussenat, que j'ai identifié comme étant Célestin Vaussenat (Grenoble 1831 - Bagnères-de-Bigorre 1892), fondateur de l'observatoire du Pic du Midi dans les Pyrénées.


Le deuxième appartient à Charles de Kirwan (Besançon 1829 - Coublevie 1917), inspecteur des forêts, qui a été en poste à Gap. Il a aussi écrit sur les torrents des Alpes, probablement en utilisant cet exemplaire qui a été abondamment annoté par lui. Il contient aussi un bel ex-libris et les deux cartes géologique en couleurs.


dimanche 22 février 2009

Les torrents des Hautes-Alpes, d'Alexandre Surell

J'ai commencé à m'intéresser aux torrents des Alpes lors de la description des deux ouvrages de Scipion Gras. Ce week-end, c'est l'ouvrage fondateur d'Alexandre Surell qui a été l'objet de toutes mes préoccupations.

Alexandre Surell (1813-1887), polytechnicien, ingénieur des Ponts et Chaussées, s'est retrouvé à 23 ans nommé dans un département bien éloigné de sa Lorraine natale : les Hautes-Alpes. Il y resta 6 ans, mais dès 1838, à 25 ans, il rédigea une Etude sur les torrents des Hautes-Alpes, qui se trouve être l'ouvrage fondateur de toutes les politiques de restauration des terrains de montagne depuis plus de 150 ans.


Le premier, il décrivit les torrents des Alpes et les phénomènes torrentiels, alliant la théorie à l'observation pratique sur les torrents de l'Embrunais (torrent de Boscodon, du Rabiou, etc.). Allant au delà des moyens de défenses couramment utilisés à son époque: barrages, digues, murs, levées, etc., il préconisa d'aller à la source du problème et recommanda le reboisement des bassins d'altitude et le regazonnement des alpages, s'opposant aux surpâturage, qui était de règle à l'époque. Au-delà des recommandations techniques, il aborda aussi les aspects législatifs, règlementaires et administratifs qui devaient servir de cadre au déploiement d'une politique de restauration des terrains de montagne.

Cet ouvrage est paru chez Carilian-Goeury et Victor Dalmont à Paris en 1841. Malgré la pertinence de son message, il ne sera entendu qu'en 1860, lorsque fut promulguée la première loi de reboisement des montagnes. Il avait fallu attendre les crues catastrophiques et d'ampleur nationale de 1856 pour que les autorités se préoccupent vraiment du problème.

Illustré de 6 planches, il fait le tour de la question. Il contient une belle représentation des torrents issus du Mont Saint-Guillaume, au dessus d'Embrun, basée sur la carte de Cassini.


Pour ceux qui s'intéressent à cette question, je recommande un ouvrage de référence :
Restaurer la montagne. Photographies des Eaux et Forêts du XIXe siècle, 2004, paru à l'occasion d'une exposition présentée au Museon Arlaten, d'Arles, qui exploite les fonds photographiques des Eaux et Forêts, riches en clichés qui illustrent les travaux de reboisement dans les Alpes (Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence et Alpes-Maritimes).


Dans un des articles introductifs :
De la politique française de restauration des terrains de montagne à la prévention des risques naturels (pp. 15-22), Gérard Brugnot et Yves Cassayre donnent un historique de cette politique depuis la fin du XVIIIe siècle jusqu'à nos jours.

Cet ouvrage se distingue par la qualité des photographies tirées des fonds d'archives des Eaux et Forêts.


Pour revenir à Alexandre Surell, notons qu'il s'inspire d'un ouvrage fondamental du Saint-Simonisme :
Des intérêts matériels de la France, de Michel Chevalier, qui plaide en faveur de l'action de l'Etat pour la "replantation" des forêts dans les Alpes, les Pyrénées, les Vosges et les Landes. On ne dira jamais assez l'influence que cette pensée a eu sur les administrateurs "éclairés" du début du XIXe siècle, qui ont fait la France moderne. Je partage l'opinion de la notice Wikipedia sur le Saint-Simonisme :

Refoulement de la mémoire nationale
Méconnue à tort, la doctrine de Saint-Simon a été en prise avec son siècle. Elle reste, aujourd’hui, une matière à réflexion étonnamment moderne (technocratie, égalité des sexes, importance des réseaux, ...).
Les raisons du refoulement du saint-simonisme hors de la mémoire nationale sont multiples, et s'expliquent notamment par des prises de positions radicales jugées attentatoires à la propriété et aux mœurs, des textes difficiles à lire, et bien sûr le développement ultérieur et l'emprise considérable de la pensée marxiste, qui a condamné le saint-simonisme.

dimanche 15 février 2009

Torrents des Alpes

Dans les premières décennies du XIXe siècle, une série d'inondations catastrophiques dans les Alpes a provoqué une forte préoccupation des administrateurs et des aménageurs du territoire à propos des dangers de dévastation que font courir les torrents de montagne. C'est l'époque où les grands corps de l'état, issus des réformes révolutionnaires (corps des pont-et-chaussée, corps des mines) sont constitués d'esprits éclairés préoccupés du bien commun.

Tout a commencé par l'ouvrage fondateur d'Alexandre Surell : Etudes sur les torrents des Hautes-Alpes, paru en 1841.

Les deux ouvrages que nous avons décrits ce week-end font suite et complètent ces préoccupations. Scipion Gras, ingénieur en chef de mines du département de l'Isère, s'est penché sur le problème des inondations récurrentes de la plaine de Bourg d'Oisans par la Romanche. Il est amené à proposer une nouvelle solution pour permettre que les matières charriées par les torrents se déposent le plus en aval possible.

Le premier ouvrage est :
Exposé d'un nouveau système de défense contre les cours d'eau torrentiels des Alpes et application de ce système au torrent de la Romanche dans le département de l'Isère.
Paris, Carilian-Gœuri et Vr Dalmont, Libraires; Grenoble, Chles Vellot et Compie, Libraires 1850.


Ce nouveau procédé s'applique plus particulièrement aux inondations de la plaine de Bourg d'Oisans, que Scipion Gras attribue aux travaux d'endiguement de la Romanche lors de la construction de la route nationale en 1840. Deux illustrations : la belle carte de la plaine de Bourg d'Oisans, avec les barrages projetés, et une vue aérienne moderne.



Le deuxième ouvrage :
Etudes sur les Torrents des Alpes, Paris, Victor Dalmont, 1857, élargit le propos, mais reste constant sur les solutions proposées.



Deux réflexions à propos du premier ouvrage :

Le libraire ami qui me l'a vendu semblait s'étonner de ne trouver aucune référence sur les principaux sites de ventes de livres anciens. Il ne faut pas oublier que les plaquettes de ce type sont toujours extrêmement rares Cet exemplaire est le premier que je vois en 15 ans de chine dauphinoise et haut-alpine. Et elles sont nombreuses les plaquettes ou brochures que je n'ai vu qu'une fois ! Je crois que c'est là que se niche la vraie rareté. Cela est d'ailleurs aussi vrai pour l'autre ouvrage.

La deuxième réflexion est amenée par la conclusion de Scipion Gras à la fin de son ouvrage : "il paraît équitable que l'Etat supporte en totalité les dépenses nécessaires pour remédier au mal." On oublie trop souvent que la bourgeoisie du XIXe, dont Scipion Gras avait tous les signes distinctifs (voir sa photo dans le message précédent), était porteuse d'une politique préoccupée du bien commun. L'opprobre dont cette bourgeoisie louis-philipparde a fait l'objet par nos "intellectuels" du XXe siècle a fait le lit du désengagement de l'état dont la bourgeoisie actuelle se fait le porte-parole, alors que l'on pourrait penser qu'elle est l'héritière de cette bourgeoisie du XIXe siècle.