Au-delà de la forme, ce qui devait plaire au public était l'évocation de faits locaux, bien connus de tous : histoire, actualités, personnages historiques, « dauphinoiseries ». etc. La liste des tableaux (les « montées » du titre) donne déjà un aperçu de la variété, on pourrait presque dire le pêle-mêle, des sujets abordés :
Deuxième tableau. Grenoble à vol d'oiseau. Le chant en patois : Le Margotons, est d'Auguste Mouthier.
Troisième tableau. Le réveil de Bayard.
Cinquième tableau. La photographie dauphinoise.
Sixième tableau. Portraits sans retouche., avec une "Ode à l'amour" de Gentil-Bernard
Septième tableau. Une halte à Vaulnaveys.
Huitième tableau. Les eaux d'Uriage.
M. Cadinot s'est posé tout d'abord en continuateur de l'œuvre de M. Lepailleur. Nous lui prédisons un succès pareil à celui qu'avait eu dans notre ville, il y a deux ans, ce regretté régisseur, et nous lui recommandons d'avance la revue de l'année que son prédécesseur avait dû rendre si comique, si vrai et si profitable pour sa caisse et pour celle du directeur. (L'Impartial Dauphinois, 1er novembre 1873).
Nouvelles théâtrales. — Grenoble à tort et à travers. — Ce soir a lieu la première représentation de Grenoble à tort et à travers, « Revue locale », dont l'auteur M. Lepailleur s'est déjà fait connaître par une œuvre du même genre, Grenoble à la Tronche, jouée sur notre scène en 1872. On n'a pas oublié le succès obtenu à cette époque par l'amusant panorama d'actualités locales qui se déroulait au milieu des rires et des applaudissements des spectateurs.
La Revue à laquelle nous assisterons ce soir offre les mêmes attraits, et pour parler plus exactement, elle nous promet des plus agréables surprises. Grenoble, ses environs, ses célébrités, ses industries, ses journaux, son histoire... défilent dans une série de tableaux dont la mise en scène a été l'objet de tous les soins de la direction.
N'en disons pas davantage aujourd'hui ; et attendons cette première représentation, qui sera le prélude d'un long succès : tout Grenoble ira voir sa Revue locale. (L'Impartial Dauphinois, dimanche 1er mars 1885)
J'en déduis qu'au-delà du simple intérêt pour une « dauphinoiserie », il a dû suffisamment apprécier le spectacle et le texte, pour le faire relier dans un beau maroquin rouge, au dos richement orné. Comme il se doit, dans les caissons du dos, se trouvent des petits dauphins dorés.
A la vue de ce petit ouvrage précieux, imprimé sur beau papier, on mesure l'écart entre ce monde de la deuxième moitié du XIXe siècle et le nôtre.





































