dimanche 1 novembre 2009

"Les deux petits Robinsons de la Grande-Chartreuse", de Jules Taulier

Quels sont donc ces deux malheureux enfants perdus dans le froid et la neige ?


Qu'allaient donc faire Albert et Mathilde de Meylan à la Grande-Chartreuse, seuls ? Pour le savoir, il faut lire le roman pour la jeunesse de Jules Taulier :
Les deux petits Robinsons de la Grande-Chartreuse

L'ouvrage que je présente aujourd'hui est la 3e édition, parue dans la célèbre "Bibliothèque Rose" de Louis Hachette.


En deux mots, l'histoire :
A la fin du siège de Lyon, en octobre 1793, la famille de Meylan est obligée de se séparer. Le père s'enfuit, pour échapper aux persécutions. La mère, avec ses deux enfants Albert, 12 ans, et Mathilde, 10 ans, rejoint Grenoble. Elle y meurt, laissant ses deux enfants seuls. Avant de mourir, elle leur avait demandé de rejoindre leur oncle, supérieur des Chartreux, au couvent de la Grande-Chartreuse. Après un nouveau voyage éprouvant, ils arrivent au couvent et constatent qu'il a été déserté, suite aux persécutions religieuses révolutionnaires. Coincés par le neige, ils passent l'hiver seuls dans ce couvent désert, apprenant peu à peu à survivre avec les réserves laissées par les religieux. Au printemps, ils sont obligés de fuir devant l'arrivée de l'administrateur du couvent. Errant dans la nature, ils sont recueillis par un bûcheron qui les amène au village de la Ruchère où ils sont hébergés par le curé du lieu. Vite adoptés par les villageois, ils se font aimer par le bien qu'ils répandant autour d'eux. Les épreuves ont épuisé la jeune Mathilde qui s'affaiblit peu à peu. Juste avant de mourir, elle a la joie de revoir son père qui vient de retrouver les deux enfants au village. Après le décès Mathilde dans les bras de son père, ils quittent le village. La Révolution terminée, ils retournent s'installer à Lyon.

L'ouvrage est l'occasion d'évoquer quelques pages historiques : la siège de Lyon, l'histoire de la Grand-Chartreuse, la Révolution dans le Dauphiné. Jules Taulier relève plusieurs fois la modération des Dauphinois, même au moment de la plus grande violence de la Révolution. C'est la raison pour laquelle il fait fuir la mère et ses enfants vers Grenoble : "La Révolution n'a pas étendu ses fureurs dans ces montagnes." (p. 8). L'accueil au village de la Ruchère est une autre illustration de cette modération : "La Révolution a passé dans cette heureuse, contrée sans y laisser de traces sanglantes. Les féroces proconsuls, que Paris envoyait dans les principales villes de France, et qui s'y sont signalés par tant d'horribles massacres, n'ont pas osé se hasarder en Dauphiné. Ils savaient que les habitants ne se soumettraient pas facilement à leurs caprices sanguinaires et qu'ils ne courberaient pas la tête devant la tyrannie républicaine, cent fois pire que toutes les autres. Les Dauphinois ont toujours été amis d'une sage liberté. Indépendants par. caractère, ils se sont jadis laissé donner à la France, mais à la condition d'être traités en hommes libres. Ils n'ont jamais souffert de bourreaux chez eux. "

Comme on le voit, ces lignes sont empreintes d'un patriotisme dauphinois, un des éléments d'une identité dauphinoise qui s'est créée, un peu artificiellement, au cours du XIXe siècle, au moment même où le Dauphiné, comme entité administrative, n'existait plus. On y trouve l'image du Dauphinois libre et indépendant, ne se soumettant que raisonnablement à l'autorité, modéré dans ses passions et dans ses écarts. Jules Taulier avait tracé le portrait, tout de modération et de prudence, d'un autre Dauphinois dans une biographie publiée en 1859 : Notice historique sur Bertrand-Raymbaud Simiane, baron de Gordes.

Tout le monde ne partageait pas les réserves de Taulier à l'égard de la Révolution. Antonin Macé, un autre érudit dauphinois, regrette "cette sorte de parti pris de jeter de l'odieux sur la révolution française, à laquelle, en dernier résultat, nous devons tout ce que nous sommes, et dont les grands principes sont le fondement des sociétés modernes."

Les passages les plus intéressants de cet ouvrage sont le voyage des deux jeunes enfants de Grenoble à la Grande-Chartreuse, puis leur séjour forcé dans ce grand couvent désert, où, au début, ils souffrent de froid et de faim, avant de trouver les riches réserves qu'ont abandonnées les religieux. Ce sont les pages les plus fortes de l'ouvrage, loin de celles consacrées au séjour à la Ruchère où l'on retrouve une littérature d'édification morale, pleine de clichés et de présupposés idéologiques sur la supériorité aristocratique et catholique. Dans les quelques pages du voyage et de l'arrivée au couvent, on retrouve l'esprit d'abandon et d'aventure de tous ces ouvrages où des êtres se retrouvent soudainement seuls dans un monde hostile, comme le premier Robinson ou l'
Ile mystérieuse de Jules Verne. Malheureusement, la faiblesse du style de Jules Taulier n'a pas sur tiré le meilleur parti de la situation. Quelle puissance aurait pu atteindre l'évocation de ces deux enfants, perdus dans la nuit et le froid, dans ce couvent aux proportions gigantesques pour eux, en même temps démunis et si proches d'une abondance qui, au début, leur est inaccessible !

Ce bel exemplaire, sur papier de chine, met particulièrement en valeur les gravures d'Emile Bayard et Hubert Clerget. Il est dans une reliure soignée, demi veau havane à coins, signée Stroobants :


Hubert Clerget a dessiné tous les paysages. J'ai sélectionné une vue de Grenoble et de la Grande Chartreuse.


Emile Bayard a dessiné les scènes de genre qui illustrent les épisodes du roman :



Emile Bayard (La Ferté-sous-Jouarre 2/11/1837 – Le Caire 12/1891) est un peintre, décorateur, dessinateur et illustrateur français. L'éditeur Louis Hachette a souvent fait appel à lui pour illustrer ses ouvrages, notamment ceux de la "Bibliothèque rose". Il illustre ainsi les
Les Misérables de Victor Hugo, La Case de l'oncle Tom de Harriet Beecher Stowe, De la Terre à la Lune et Autour de la Lune de Jules Verne.

Il est l'auteur de cette célèbre représentation de Cosette, qui a fait le tour du monde à l'occasion d'une comédie musicale planétaire.

dimanche 25 octobre 2009

La "Bibliothèque du Dauphiné", exemplaire du botaniste Dominique Villars

Comme je l'avais annoncé la semaine dernière, j'ai décrit complètement l'exemplaire de la Bibliothèque du Dauphiné de 1797, qui a appartenu à Dominique Villars, botaniste haut-alpin (1745-1814) dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, en particulier pour son expérience de colporteur :
- Dominique Villars, colporteur libraire
- "Flora delphinalis", de Dominique Villars
- Dominique Villars


Pour un description détaillée de l'ouvrage, je ne peux que renvoyer à la notice :
Bibliothèque du Dauphiné, de Guy Allard, revue par Pierre-Vincent Chalvet (exemplaire de Dominique Villars).


Dominique Villars l'a largement complété de notes manuscrites et de notices biographiques de botanistes dauphinois, dont une notice autobiographique.

On y trouve en particulier une notice sur Dominique Chaix (1730-1799), curé des Baux (Hautes-Alpes), botaniste, qui fut le mentor et l'ami de Dominique Villars :



La plus intéressante est la notice autobiographique de Dominique Villars :





Elle retrace brièvement mais assez complètement sa vie jusqu'en 1797 et se termine par cette remarque assez amère, ajoutée postérieurement d'une écriture et d'une encre légèrement différentes : "La postérité, comme les nations étrangères, qui l'ont déjà présumé, lui accorderont peut-être plus de réputation que ses concitoyens et surtout les médecins, ses voisins, de son vivant." Dans la notice de Pierre Liottard (1729-1796), il remarquait : "Cet exemple, ajouté à tant d'autres, prouve combien la passion des hommes anime et soutien leur courage pour leur faire franchir des obstacles d'ailleurs insurmontables". On peut penser qu'en parlant de Pierre Liottard, Dominique Villars parle aussi de lui-même, sur ce ton un peu amer que l'on voit dans son autobiographie, au moment où la reconnaissance publique n'est pas à la hauteur de ses attentes.

Ces remarques s'expliquent par le fait qu'en 1797, Dominique Villars avait perdu son poste de médecin-chef de l'hôpital militaire de Grenoble et qu'il n'était plus que directeur du jardin des Plantes. Il était aussi professeur à l'Ecole centrale de Grenoble. Il faudra attendre 1805 pour qu'il obtienne une poste à la faculté de Strasbourg.

Dominique Villars s'est livré plusieurs fois à l'exercice de l'autobiographie. La première publiée est celle qu'il a incluse dans la préface de l'Histoire des Plantes de Dauphiné. Dans ses papiers personnels déposés à la Bibliothèque municipale de Grenoble, se trouve une longue autobiographie manuscrite qui a été publiée par G. de Manteyer dans Les origines de Dominique Villars, le botaniste (1555 – 1814). Il y fait allusion à ses difficultés avec les médecins grenoblois, en particulier le docteur Gagnon, qu'il tenait en piètre estime. Rappelons que le petit-fils de ce même docteur Gagnon, autrement dit Stendhal, avait "expédié" son portrait de Villars d'un lapidaire "paysan des Hautes-Alpes".

Dans ses différentes notes, en particulier dans sa notice autobiographique, Dominique Villars adopte l'orthographe d'origine de son nom, Villar. Malgré cela, il ne fit jamais rien pour que les livres publiés portent cette orthographe.

Ces notes et notices ont fait l'objet d'une communication d'Antonin Macé lors de la séance du 24 mai 1861 de l'Académie Delphinale. Dans son introduction, il précise qu'elles sont extraites d'un exemplaire de la Bibliothèque du Dauphiné, qui appartient au docteur Faure, médecin-chef de l'hôpital des Invalides. Celui-ci a transcrit les notes qu'il a confiées à Hippolyte Bouteille qui les a lui-même transmises à Antonin Macé . La communication a paru dans le Bulletin de l'Académie Delphinale, 1861-1862 (pp. 353-363) sous le titre : Notes inédites de Villars sur quelques botanistes dauphinois. C'est une transcription annotée des mentions manuscrites de cet exemplaire (voir la version numérisée de cette communication ici).

Comme indiqué sur la première page de garde, ce livre a ensuite appartenu au docteur Faure-Villar, le petit-fils de Dominique Villars. Il s'agit d'Anselme Faure, fils de Joseph Faure et Marguerite Villars, né à Marseille le 6 décembre 1801, décédé à Paris le 18 avril 1870. Il s'est parfois fait appeler Faure-Villar, comme une réponse à ses cousins Gauthier-Villars. Comme sa mère, il était partisan de l'orthographe Villar sans
s. Il était médecin-chef des Invalides, auteur d'une thèse dédiée à Dominique Villars et à son oncle, le second Dominique Villars, chirurgien en chef de l'Hôpital militaire de Besançon.

Autre curiosité de cet exemplaire, il contient les deux versions du feuillets pp. 45-46 qui contient le notice biographique de Guy Allard. Dans la première version, le texte débute ainsi : "Par son inconduite, il fut obligé de vendre la charge de président en l'élection; & il mourut de misère, en 1715, à Grenoble. Ses productions, toutes en l'honneur de la patrie, feraient un titre d'Allard à la reconnaissance de ses compatriotes, si moins imparfaites, elles ne fatiguaient par l'incorrection & la faiblesse du style." Dans la deuxième version, les faits et les jugements ont été très largement revus : "Pour soutenir un procès que lui suscitèrent des ennemis, il fut obligé de vendre sa charge de président; & il mourut en 1716, doyen des avocats, & généralement estimé. Son zèle pour la gloire de son pays lui donne des droits à la reconnaissance de ses concitoyens." Il ajoute à la fin : "De ses manuscrits nombreux, il serait possible de former quelques ouvrages curieux & dignes du public." Il est probable que ces modifications ont été demandées par les descendants de Guy-Allard, la famille Allard-Duplantier. P.-V. Chalvet se montrait peu reconnaissant vis-à-vis de son devancier dont il a pourtant repris la majorité des notices. Dans cet exemplaire, les deux états du feuillet s'y trouvent. Dans les deux autres exemplaire que je possède, seule la version corrigée apparaît, sous forme de carton monté sur onglet (Carton : "Feuillet imprimé après coup inséré dans un livre en lieu et place d'un autre et offrant un texte modifié",
Manuel de bibliophilie, C. Galantaris).

Enfin, cet exemplaire me permet d'enrichir ma collection d'ex-libris dauphinois avec celui d'A. Jouffray :


Je n'ai aucun renseignement sur A. Jouffray et sa bibliothèque. A-t-il un lien avec Camille Jouffray (1841-1924), maire de Vienne (Isère) et sénateur de l'Isère ? Les ouvrages de cette bibliothèque sont courants sur le marché.

Deux acquisitions ce week-end au Salon du Livre ancien de Champerret. Pour commencer, une petite rareté :
Annuaire du département des Hautes-Alpes pour l'année 1806.

Ces annuaires sont particulièrement rares. Ce sont pourtant des sources irremplaçables d'informations sur la vie du département à cette époque. Ils fourmillent de renseignements, certes anecdotiques, mais indispensables pour connaître la vie quotidienne de nos ancêtres. Cet annuaire contient en particulier un long chapitre consacré à l'activité de la Société d'Emulation du Département, avec un résumé des principales communications. A la fin, est reproduit dans son intégralité le rapport de la commission des beaux-arts de l'Institut sur le mémoire de Ladoucette présenté devant l'Institut à propos des fouilles de Mons-Seleucus (La Bâtie Mont-Saléon).

Je possède déjà les annuaires de l'an XIII (1804-1805) et de 1808.


Ensuite, une ouvrage hagiographique sur Dom Jean-Baptise Chautard (1858-1935), abbé de Sept-Fons, originaire de Briançon où il a passé sa jeunesse dans la Grande Gargouille où ses parents tenaient une librairie.


Cet ouvrage est illustré de deux belles photos. Une vue de la Grande-Ruine depuis le glacier des Agneaux :

Et surtout cette belle vue de la Meije :


Le montagne a été déterminante dans la vocation de Dom Jean-Baptise Chautard.

mardi 20 octobre 2009

Rares plaquettes sur la montagne

Paul Helbronner (1871-1938), polytechnicien, consacra sa vie à faire la triangulation des Alpes françaises. Pour cela, il parcourut le massif en tout sens, gravissant tous les sommets qui lui permettaient de procéder à ses mesures géodésiques. En juillet 1906, il gravit la Meije, accompagné d'une caravane de 5 guides et porteurs, chargé d'appareils photographiques, de théodolites et autres instruments de mesure. Le résultat de ses mesures furent publiées en 1935 dans le tome X dans son œuvre monumental : Description géométrique des Alpes françaises : Tome X : Champsaur, Dévoluy, Ecrins, Pelvoux., 1935, 838 pp., 5 cartes et 51 panoramas dépliants.

La plaquette que je présente aujourd'hui est probablement une pré-publication descriptive du contenu de l'ouvrage définitif de ce tome X, comme une sorte de prospectus : Au travail sur le Grand Pic de la Meije, Paris, Gauthier-Villars, 1935. C'est le récit d'une ascension de la Meije pour photographier le panorama et faire des mesures dans le cadre de sa campagne de relevés géométriques de l'ensemble des Alpes française. Le sommet a été atteint le 6 juillet 1906.


Dans cette expédition, il est accompagné de Devouassoud Gaspard, Auguste Mathonnet, Prosper Faure, Joseph Baroz et Joseph Rey. Ils montent au sommet de la Meije un pied géodésique, une jumelle longue-vue, un théodolite, deux appareils photographiques et quelques "instruments secondaires"... Deux fois au cours de ce bref récit, on sent poindre un doute sur la mission qu'il s'est donné. Lors de sa nuit au refuge du Promontoire, il est obligé de se rappeler "la seule pensée du but à atteindre, de la pierre nouvelle à apporter à l'édifice que mes rêves construisent pour la science et la patrie". Ensuite, dans les difficultés de l'ascension, le doute l'assaille : "Comme cela doit être agréable de faire cette ascension en simple alpiniste sans impendimenta ! ... Mais que viens-je de penser ? C'est une impiété... Quoi ! j'ai pu songer un instant à arriver là-haut sans but, sans le cher, le grand, le vivifiant travail?... Mais ce travail, c'est ma raison d'être...".

Ce texte est illustré d'un des 51 panoramas dépliants (plus de 2 m. de long) qui représente la vue depuis le sommet de la Meije.


Vous pouvez accéder à une version haute-définition en cliquant ici (2,6 Mo)

L'ex-libris de Paul Helbronner illustre explicitement son œuvre :
- la toile d'araignée fait référence à la triangulation qui forme comme une toile sur les Alpes
- le compas et le pinceau sont les outils de Paul Helbronner. Rappelons qu'il est l'auteur de panoramas peints depuis le Mont-Blanc et le Pelvoux.
- le devise : "perseverentia" est une allusion directe à la qualité première nécessaire pour mener à bien ce travail titanesque
- les profils de montagne représentent les principaux sommets des Alpes. On reconnaît : le Mont-Blanc, la Meije, le Pelvoux (avec un doute) et la Barre des Ecrins. Deux sommets ne sont pas identifiés.


Les ouvrages de cette bibliothèque sont courants sur le marché. Encore récemment, le 2 décembre 2005, une soixantaine d'ouvrages de cette provenance ont été vendus à Drouot. En règle générale, les livres de cette bibliothèque ont été mal conservés car ils présentent souvent des traces d'usure.

L'autre plaquette que je présente est d'une insigne rareté. On reconnaîtra une expression courante dans les catalogues de vente. En effet, on ne l'a rencontre dans aucune des bibliothèques publiques de France. Je n'ai aussi relevé aucune référence dans les différents ouvrages sur les Hautes-Alpes que je possède.

Cette petite plaquette de Gustave Tardieu, Prélude à l'ascension du Viso, Forcalquier, Imprimerie brevetée E. Martin, 1890, in-8°, [2]-16 pp est le récit d'une marche d'approche jusqu'au pied du Viso en juillet 1882. La traversée du col Valante, sous la pluie et la neige, est particulièrement épique.


Ce récit m'a particulièrement plu car il m'a rappelé un bon souvenir de vacances, le tour du Mont-Viso que j'ai fait cette été (voir ce message Le Tour du Mont-Viso). J'aurai envie de qualifier ce petit ouvrage de blog du XIXe siècle. En effet, ce n'est que le récit d'une randonnée en montagne, très anecdotique, que l'auteur a souhaité immortaliser en le faisant imprimer, mais qui aujourd'hui ferait tout au plus l'objet d'un message sur un blog. C'est une démarche courante à l'époque. Cette plaquette d'une "insigne" rareté, que j'ai acheté ce week-end chez un libraire d'Auxerre qui porte le nom d'un acteur fameux, ne m'a même pas coûté le prix d'une bouteille d'eau dans un TGV ! Preuve, s'il en est, que la rareté n'est pas obligatoirement synonyme de prix élevé. Il faut être honnête, elle ne vaut guère plus. Et pourtant, ce petit témoignage a son prix pour moi.

Juste pour finir, Gustave Tardieu (1851-1932), pharmacien, géologue, botaniste de Sisteron a publié en 1912 un "Guide des Alpes de Provence". Il descendait d'une famille de marchands-droguistes de la montagne de Lure.

dimanche 18 octobre 2009

Un ouvrage de la bibliothèque de Dominique Villars

Message court ce soir, juste pour préparer une message plus conséquent sur une acquisition de ce week-end lors d'une vente aux enchères à Auxerre : un exemplaire de la Bibliothèque du Dauphiné, de Guy Allard, dans l'édition de 1797 revue par Pierre-Vincent Chalvet, exemplaire personnel du botaniste Dominique Villars qui l'a complété de nombreuses biographies manuscrites de botanistes dauphinoise, dont Bérard, Dominique Chaix, Liottard et ... lui-même. C'est n'est pas un des moindres mérites de cet exemplaire que de contenir une autobiographie manuscrite de Dominique Villars.

Quelques images :







On remarquera la grande modestie de la reliure.



La pièce de titre est particulièrement maladroite.


Preuve, s'il en est, que les exemplaires les plus intéressants savent parfois se cacher derrière un extérieur peu attirant.

dimanche 11 octobre 2009

Jean-François Champollion, l'effet papillon et la crypte de Saint-Laurent de Grenoble

A la toute fin du XVIIIe siècle, un jeune homme qui vient tout juste d'avoir 20 ans arrive à Grenoble depuis Figeac. Fils d'un libraire originaire du Valbonnais, il vient rejoindre des cousins dauphinois comme employé dans une maison de commerce. Malgré une scolarité chaotique et incomplète, il est plein d'ambition dans le monde du savoir. Peu à peu, il se fait d'abord connaître comme bibliophile, puis tente de se faire reconnaître comme "antiquaire", ou autrement dit comme archéologue. Il rentre en contact épistolaire avec le grand archéologue Aubin-Louis Milin, qui, bien qu'il ne le connaisse pas, guide ses premiers pas dans le métier. Toujours malgré son jeune âge, il arrive à se faire connaître du tout nouveau préfet de l'Isère, Joseph Fourier, arrivé en 1802, auréolé de la gloire d'avoir participé à l'expédition d'Egypte. Il écrira bientôt la préface historique de la Description de l'Egypte. Ce jeune homme est rejoint en 1801 par son tout jeune frère, à peine âgé de 13 ans, mais dont l'intérêt précoce pour les langues orientales laisse augurer un brillant avenir. Pour le moment, il doit compléter son éducation au Lycée de Grenoble.

Pour notre ambitieux, il fallait marquer de son empreinte son entrée dans le monde des érudits grenoblois. Il décide de s'intéresser à un monument antique qui se trouve sous l'église Saint-Laurent.


L'opinion commune est qu'il s'agit d'un temple antique, comme le laisse penser les colonnes subsistantes. Il démontre brillamment, par un exposé argumenté et documenté, qu'il s'agit d'une église qu'il date du début du VIIIe siècle. Il publie sa découverte dans une petite plaquette :
Dissertation sur un monument souterrain existant à Grenoble
Grenoble, J. H. Peyronard, Imprimeur, Brumaire An XII (novembre 1803)





Cet exposé est lu le 22 frimaire An XII (14 décembre 1803) par Chalvet et Berriat lors d'une séance ordinaire de la Société des sciences et des arts de Grenoble. Cette publication rencontre le succès et est appréciée par les savants et érudits locaux. Son analyse a été confortée par les découvertes ultérieures, même si la date aujourd'hui retenue est un peu antérieure.

Ce coup de maître permet à notre jeune érudit d'être admis quelques jours plus tard, le 2 nivôse an XII (24 décembre 1803), dans la Société des sciences et des arts de Grenoble. Il n'avait que 25 ans. Rappelons que cette Société, créée en 1797 d'abord sous le nom de Lycée de Grenoble, tentait de faire revivre l'ancienne Académie Delphinale, disparue au moment de la Révolution. Active sous l'Empire, elle végéta jusqu'à ce qu'une nouvelle impulsion lui fut donnée en 1836. Elle reprit le nom d'Académie Delphinale en 1844. Il en sera le secrétaire de 1806 à 1815.

Son ascension commençait. Toujours plus proche du préfet Fourier, il publie à sa demande le premier corpus des inscriptions antiques de Grenoble : Antiquités de Grenoble ou Histoire ancienne de cette ville d'après ses monumens, en 1807.


Notre jeune érudit s'appelle Jacques-Joseph Champollion-Figeac.

Il est né en 1778 à Figeac. Son frère Jean-François Champollion qui l'a rejoint à Grenoble est le célèbre égyptologue. C'est Jacques-Joseph qui l'aidera tout au long de son travail de déchiffrement en le soutenant et lui ouvrant les portes qui lui permirent d'accéder aux meilleurs savants du temps et de faire connaître ses découvertes. C'est d'ailleurs une belle histoire que cette amitié fraternelle où l'entregent et, comme l'on dirait aujourd'hui, le sens des relations publiques du frère aîné viennent au secours du génie du cadet, qui serait peut-être resté inconnu ou, plus probablement, sous-estimé. Cette petite plaquette n'est pas étrangère à ce succès de Jean-François Champollion, comme une première brique dans la démarche des deux frères pour arriver, chacun avec ses moyens, au succès que l'on sait.

C'est pour cela que ce petit texte, brillant pour un jeune homme de 25 ans sans vraiment de bagage scolaire, n'est pas sans impact sur la découverte des hiéroglyphes par Jean-François Champollion, comme par un effet papillon, en contribuant à créer les conditions favorables à cette découverte.

dimanche 4 octobre 2009

Considérations autour de Stendhal, après un petit passage par la Meije.

Après des messages très thématiques, le message de la semaine est une suite de considérations diverses, toujours en rapport avec notre sujet.

Pour commencer, un passage au marché du livre de Brançion m'a permis de trouver cette belle représentation de la Meije.

Elle illustre le n° 11 de septembre-octobre 1930 de la revue du Club Alpin Français,
La Montagne. J'ai complété ma page consacrée aux images anciennes de la Meije.


Je reviens sur un achat fait lors de mes dernières vacances, chez un libraire de Chamonix.

C'est une publication de qualité de
La vie de Henry Brulard de Stendhal, par les éditions Glénat, à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française. Cette édition, établie pour le texte par V. de Litto, le grand spécialiste de Stendhal, est complétée d'un cahier de 51 planches en couleurs, choisies par Pierre Vaillant.

Pour tout ceux qui s'intéressent à la vie grenobloise entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe siècle, cet ouvrage est indispensable.

Parmi les illustrations, on trouve un portrait de Pierre-Vincent Chalvet (1767-1807) :


Rappelons en deux mots ce qu'en disait Stendhal qui l'a eu comme professeur d'histoire. Dans
La vie de Henry Brulard, il n'est guère tendre avec lui : "jeune pauvre libertin, véritable auteur sans aucun talent". Il rapporte quelques calomnies sur lui : "chargé de recevoir l'argent des inscriptions qu'il mangea en partie avec trois sœurs fort catins de leur métier qui lui donnèrent une nouvelle v[érole] de laquelle il mourut bientôt après". Sa contribution à l'histoire du Dauphiné est une nouvelle édition de la Bibliothèque du Dauphiné, de Guy Allard, qu'il donna en 1797 : Bibliothèque du Dauphiné.


Autre illustration, un portrait du grand-père de Stendhal, le fameux docteur Gagnon, qui a eu tant d'importance pour le jeune Stendhal.


Cela nous ramène à Dominique Villars, le botaniste des Hautes-Alpes, que Stendhal, qui l'a aussi eu comme professeur à l'Ecole centrale, "expédie" un peu cavalièrement en le qualifiant de "paysan des Hautes-Alpes". Malgré toutes les distances qu'il a pu prendre vis-à-vis de sa famille très bourgeoise, Stendhal retrouve ses réflexes de bourgeois lorsqu'il s'agit de parler de Dominique Villars (et d'autres...). De son côté, celui-ci, lorsqu'il parle du docteur Gagnon, se montre pour le moins sévère, en le traitant de "courtisan adulateur", et détaille une intrigue ourdie par le docteur Gagnon contre Dominique Villars.

Pour finir, un portrait charge du libraire Jean Charles Falcon, que Stendhal portait en grand estime, probablement parce qu'il menait une vie et professait des idées qui n'étaient pas conformes à l'idéal bourgeois de sa famille.


Jean-Charles Falcon (Chapareillan 4 novembre 1753 – Grenoble 16 juin 1830), après son apprentissage à Paris, Lyon et Grenoble, s'établit comme libraire dans cette dernière ville à partir de 1780. "Membre de la Société populaire de Grenoble dès le 28 janvier 1790, il se fit remarquer dans les clubs. On reprochait à Falcon ses inconséquences et ses propos peu réfléchis en beaucoup d'occasions". Il aurait trempé dans la diffusion d'un pamphlet contre le haut-clergé : Procès-verbal des derniers Etats Généraux tenus aux Enfers, sur le suicide de M. Hay de Bonteville, évêque de Grenoble, le 6 octobre 1788.

Pour finir, je renvoie sur un message d'il y a quelques semaines sur le blog de Pierre, libraire à Tarascon : http://livresanciens-tarascon.blogspot.com/2009/09/y-til-un-regionaliste-dans-la-salle.html

Il met en vente un exemplaire de la Biographie du Dauphiné, d'Adolphe Rochas. Je rappelle que cet ouvrage reste indispensable, malgré son âge. Certes, il existe des dictionnaires biographiques plus récents sur les Hautes-Alpes (abbé Allemand, puis Georges Dioque) et la Drôme (J. Brun-Durand), mais il n'existe rien sur l'Isère. Pour les références bibliographiques, le travail de Rochas reste la seule source sur la période avant 1850.

dimanche 27 septembre 2009

Dominique Villars, colporteur libraire

Il est rare que les colporteurs de librairie aient laissé un témoignage de leur activité. On a la chance d'avoir le récit de la campagne que Dominique Villars a entreprise en 1764. Ce texte est extrait d'une des ses autobiographies, actuellement conservée sous forme manuscrite à la Bibliothèque Municipale de Grenoble et reproduite par Georges de Manteyer dans son ouvrage : Les origines de Dominique Villars, Gap, 1922, pp. 210-211.


Elle a été écrite en septembre 1805. Avant de lui laisser la parole, rappelons que Dominique Villars est un botaniste dauphinois, né au Noyer dans les Hautes-Alpes en 1745, mort doyen de la faculté de Strasbourg en 1814.

Il a laissé une des flores provinciales les plus importantes : Histoire des plantes de Dauphiné, publiée entre 1786 et 1789.


Voici le récit de sa campagne de colporteur de librairie :
"A 19 ans, 1764, je pris donc le parti de prier un libraire de mes amis de me prendre avec lui pour six mois afin de voyager, lire, observer. Ce marchand forain partait à l'automne chaque année avec trois à 4.000 liv. de fonds, allait à Lyon faire ses emplettes, joindre à Villefranche ou à Tournus ses camarades et son fonds de magasin de l'année précédente. Ils avaient 18 à 20 malles de livres valant huit à dix mille francs qu'ils promenaient, faisaient transporter d'une ville à l'autre, là où les maîtrises, les privilèges leur permettaient d'aborder et de s'établir. Ils ne pouvaient par conséquent que traverser sans faire aucun séjour dans les grandes villes, Dijon, Besançon, etc. J'avais 300 liv. avec moi pour ma dépense, mais en me rendant utile sans être ni garçon ni associé. Le premier ne convenait ni à ma position ni à mon caractère. Je voulais être libre. Le second ne convenait pas à ma petite fortune. L'ami Courenq c'était le nom du libraire sut m'apprécier : son associé Garcin, moins lettré, moins au fait des usages du monde, voulut m'avoir auprès de lui; ils se divisaient souvent, se réunissaient, s'envoyaient mutuellement des ballots et des relations. Chacun conduisait ou faisait conduire une voiture. J'eus la satisfaction de me voir solliciter par l'un et par l'autre. Je restai avec Courenq par attachement, par inclination comme par reconnaissance. Comme cette campagne arrachée à la tendresse de mon épouse et de ma mère, qui me crurent perdu et qui aux larmes douloureuses réunirent des amis, des sollicitations et des menaces pour l'empêcher, influa sur mon caractère et sur mon sort futur, je dois ajouter quelques détails.
Huit mois après, mes 12 louis me furent rendus et 2 louis pour ma dépense. Je mis à part vingt volumes environ de livres de médecine, de chirurgie et de Botanique. Ils me furent apportés par ces libraires même. J'ai conservé pour eux, ils ont conservé pour moi de l'estime et de l'attachement. Garcin plus hardi, plus hasardeux dans le commerce savait gagner et dépenser en grand. Courenq plus réservé, plus sage, était si économe qu'il calculait rigoureusement l'heure des repas afin de moins les multiplier. Son estomac voulait de l'exercice : le mien du repos pour digérer : il voulait souper et moi déjeuner, quant au diner l'heure de midi nous convenait également à tous les deux.
Pendant ces huit mois de campagne et d'hiver, je vis Lyon, Villefranche, Tournus, Pont de Vaulx, St-Amour, Poligny, Auxonne, Mâcon, Chalons, Dijon, Avallon, Beaune, Vermanton, Clamecy, Auxerre, Joigny, Châtillon sur Seine, Semur, Noyères, etc. Je lisais des livres de médecine, d'anatomie, de botanique, de géographie et de géométrie. Je fréquentais les médecins et les avocats. J'ai trouvé dans ces deux classes, parmi quelques nobles et parmi les chirurgiens, des
âmes généreuses, des hommes éclairés. Les ecclésiastiques en général se sont partout défiés de moi : plusieurs m'ont trouvé surchargé d'amour propre, d'orgueil même et me l'ont dit. Cela pouvait être à leurs yeux, mais ils s'y prennaient mal pour me corriger. Qu'on ne croie pas que je m'estime trop ni que j'aie pris de l'humeur contre les prêtres, lorsqu'il sera question du vertueux et respectable pasteur M. Chaix, je dirai tout ce que je pense de l'homme honnête dans quelle classe qu'il se trouve."

Ce texte est intéressant de plusieurs points de vue. Il montre d'abord que le colportage nécessitait des mises de fonds importantes. Même 300 livres représentent alors une somme conséquente pour un simple cultivateur. Je ne parle pas des 3 à 4000 livres des libraires Courrenq et Garcin. Le colporteur doit obligatoirement s'insérer dans le circuit de la finance locale fait de prêts et d'emprunts, donc de dépendance. Les meilleurs livres sur le sujet restent, à ma connaissance, les travaux de Laurence Fontaine. Elle montre bien comme les notables villageois, avec leurs relais dans les villes étapes, dominent le circuit du financement des colporteurs.

Le premier est une étude plus particulièrement consacrée aux colporteurs de l'Oisans : Le voyage et la mémoire. Colporteurs de l'Oisans au XIXe siècle. Lyon, 1984.


L'autre ouvrage, étude de synthèse, est : Histoire du colportage en Europe. XVe - XIXe siècle., Paris, 1993.


Le colportage de librairie au XVIIIe siècle est particulièrement étudié à travers l'exemple des libraires briançonnais. J'avais déjà abordé le sujet des libraires hauts-alpins qui ont essaimé à travers l'Europe. Je renvoie à la notice que j'ai consacrée à Louis Fantin.

L'autre intérêt de ce texte est de laisser voir le circuit impressionnant que parcouraient les colporteurs libraires dans leurs tournées hivernales. C'est une partie du Lyonnais, de la Bourgogne et de la Franche-Comté qui sont le terrain d'actions de ces colporteurs. Visiblement, ces régions étaient traditionnellement le domaine d'action de nos colporteurs champsaurins (le Champsaur est la région des Hautes-Alpes où se trouve Le Noyer). Un autre colporteur célèbre est Victor Lagier, né à L'Aulagnier en 1788, hameau de Saint-Bonnet-en-Champsaur, et donc voisin du Noyer. Il finit par s'installer définitivement à Dijon en 1809, où il se montra un éditeur actif. Il publia en particulier les travaux de Gabriel Peignot.

Est-ce qu'il faut rapprocher le libraire Courenq dont parle Dominique Villars avec le libraire du même nom, Jean François Courens fils, installé à Grenoble qui a donné une édition du Grenoblo malherou ? C'est probable qu'il s'agisse de son père, le nom étant rare.

Un achat récent, qui semble bien loin de mes centres d'intérêts habituels.

Pourtant, cet ouvrage est lié à beaucoup de choses dont j'ai déjà parlé. D'abord, l'imprimeur, Gauthier neveu (Jean Etienne Gauthier), est originaire du même village du Noyer que Dominique Villars et son installation à Lons-le-Saunier est aussi liée au mouvement d'émigration des libraires hauts-alpins. En effet, il suit un oncle libraire installé à Bourg-en-Bresse, puis à Lons-le-Saunier au début des années 1780. Ensuite, lien avec Dominique Villars, son fils a épousé une petite-fille du botaniste, donnant naissance à la famille Gautier-Villars. Ainsi, Jean-Etienne Gauthier (Gauthier neveu) est l'arrière-grand-père d'Henry Gauthier-Villars, le célèbre Willy. Enfin, pour les amateurs de reliures romantiques, le célèbre Bauzonnet a été en apprentissage chez lui de 1812 à 1816. Voir la notice que lui consacre la bibliothèque de Dôle dans une belle exposition sur Internet (Cliquez-ici).

Sans transition, j'ai décrit un joli petit ouvrage ce week-end, récent achat lyonnais :

Jules Taulier, Notice historique sur Bertrand-Raymbaud Simiane, Baron de Gordes., Grenoble, 1859.

C'est une notice historique sur Bertrand-Rambaud de Simiane, baron de Gordes (1513-1578), lieutenant-général du roi en Dauphiné de 1565 à 1578, pendant les guerres de religion. Il adopta une politique de modération, en veillant à assurer un équilibre entre les deux religions. Il évita ainsi que la Saint-Barthélémy se propageât dans le Dauphiné.

Un exemplaire parfait, dont on pressent qu'il n'a pas changé beaucoup de mains depuis sa parution et sa reliure. Les photos rendent mal la fraîcheur de la reliure, du papier. Pour un ouvrage de 1859, il n'a aucune rousseur. Le texte est instructif sur une certaine façon de faire de l'histoire militante (catholique et provinciale). Néanmoins, sauf erreur de ma part, il n'existe pas d'autres études sur cette personnalité. La vérité de Jules Taulier devient la vérité sur le baron de Gordes.