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Correspondance
il y a cette précision :
C'est le pendant, plus vivant et interactif, du site :
www.bibliotheque-dauphinoise.com
où je présente une partie de ma collection de livres sur le Dauphiné, la montagne, les Alpes, etc. C'est un site de bibliophilie et de bibliographie.
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Libellés : Patois
Le mode de chauffage, en la froide saison, en imposait une de réelle nécessité : L'anthracite, qui s'exploite maintenant largement, n'est entré dans les ressources locales que depuis 60 et quelques années et le bois était coûteux; c'était donc dans les étables que nos devanciers se réfugiaient, il est vrai, disons vite : très propres elles étaient et disposées pour la destination de ces temps anciens; un espace était réservé, dans la partie le mieux éclairée, assez grand, servant aux soins du ménage, aux repas et aux réunions de la famille, des parents et amis; quelques unes, plus commodes, d'accès plus facile, attiraient les voisins; même les personnes de la haute classe, s'assemblaient pour y passer la soirée; j'ai beaucoup entendu parler, particulièrement, des veillées de l'écurie de M. Bonnot, le sub-délégué de l'Intendant de la Province (Sous-Préfet de cette époque, avant 1790) qui réunissait, durant l'hiver, à chaque soir l'élite de la Société dans l'étable de sa maison, qui était celle portant le N° 3 de la rue Basse du Rempart.
Mon père avait vrai plaisir en ses récits; sa bonne humeur y croissant, il nous faisait alors son portrait tel qu'il était au jour de sa première communion dans l'humble église de Plampinet, mais il ne le pouvait achever sans rire. Représentons nous un jeune éphèbe de 12 à 13 ans, en bel habit en longues basques couleur noisette, gilet de soie verte, culotte de drap bleu, bouclée d'argent sous le genou, bas blancs à côtes et encore boucle d'argent aux chaussures (son père avait envoyé les siennes) enfin haut chapeau monté à deux cornes et la queue se dandinant sous la corne de derrière. Déjà alors il nous était incroyable que telle mode eut existé.
D'après les essais d'Antoine Froment, les hivers étaient encore beaucoup plus rigoureux, les communications interrompaient même entre communes voisines devant les énormes quantités de neige; les marchés nuls ou très rares, alors a dû s'imposer la nécessité, en fin d'automne, de se pourvoir de tous les objets alimentaires; dans chaque maison se sont amassés force salaisons de porc, mouton, etc, etc., et le pain cuit pour toute la durée de l'hiver; même dans les familles les plus aisées, la coutume, encore générale vers 1825, 1830, était de s'avitailler en pain; seulement la provision se renouvelait chez les uns de quinzaine en quinzaine, chez les autres de mois en mois; c'était encore l'âge du pouvoir des vieilles coutumes et traditions. Il y avait donc moins de boulangers, ils ne travaillaient que pour les hôtels, auberges, pour jours de fête et repas d'extra. Aujourd'hui très nombreux ils sont, en plus, donnant à boire, manger, puis café, bière, liqueurs et aussi l'apéritif, nécessairement ! la Civilisation a marché ! n'est-ce pas ?
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Libellés : Hautes-Alpes, Personnalité
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Libellés : Hautes-Alpes
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Libellés : Bibliophilie
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Libellés : La Meije, Miscellanées
ARCHIVES RABY Famille d'administrateurs et négociants brestois, originaire du Briançonnais.
Barthélemy Raby s'installe à Brest en 1690 et devient commissaire garde-côte des milices du département. Son fils François Raby devient contrôleur des fermes royales; son second fils Antoine RABY (Le Bez, Alpes de Hautes-Provence 1680/1758) s'installe comme marchand drapier à Brest, devient premier échevin puis maire de la ville de Brest de 1744 à 1747. A sa mort, il laisse ses biens à ses trois neveux: Thomas (resté au Bez, en Briançonnais), Simon (marchand de draps de soie à Brest, et échevin de la ville) et Antoine RABY (mort en 1789), second du nom (qui lui succède dans le commerce de la draperie, devient directeur de l'hôpital de Brest, maire de la ville (1766-1768), puis député aux Etats de Bretagne; sous son administration, la ville fut embellie et de grands travaux entrepris sur le port). Thomas eut deux fils: l'un également prénommé Thomas Raby devint drapier à Brest (en 1787), l'autre François RABY (Le Bez 1736/1812) rejoignit son oncle Antoine à Brest, ouvrit une boutique de drapier, devint officier puis colonel de la milice bourgeoise, administrateur de l'hôpital, député aux Etats de Bretagne (1784-1785) et à son tour maire de la ville de Brest (1783-1786); c'est durant son mandat qu'eut lieu le départ de l'expédition de La Pérouse. Son fils Thomas RABY (1770/1794), député extraordinaire de Brest à la Convention, fut décapité à 24 ans, le 10 prairial an 2
Lot n° 89
ARCHIVES RABY. Cette très intéressante archive, qui présente des mouillures importantes, est principalement composée: - d'une abondante correspondance échangée, de la fin du XVIIe à la fin du XVIIIe, entre les différents membres de cette illustre famille. Environ 200 lettres, toutes longues (env. 500 pp. in-4) écrites de Brest (pour la grande majorité) et du Bez, dont un grand nombre d'Antoine et François Raby, les maires de Brest, à leur père Thomas Raby au Bez. D'un grand intérêt. - de nombreux documents sur la famille: mémoires pour des achats, testaments, succession, inventaire après décès, certificats militaires, comptes, quittances, etc. ainsi qu'un important dossier d'Antoine Raby de La Ponte, receveur général des domaines et bois de la province du Dauphiné (dont d'intéressantes lettres et le début de son livre de raison, début XVIIIe). Il est joint un dossier de notes généalogiques et historiques sur la famille Raby par l'historien Edmond Maignien, des documents sur la branche d'Oulx de la famille Raby, etc.
Lot n° 90
RÉVOLUTION EN BRETAGNE. 18 lettres (principalement de François Raby à son frère), 60 pp. in-4. Mouillures. Brest, 1790-an 8. Très intéressant témoignage sur la Révolution en Bretagne, mais également dans le Dauphiné. Je comptais bien monsieur et cher frère, après 33 ans de corvées publiques en être quitte, mais l'assemblée nationale et le Roy en ont décidé autrement [...]. Vous me dites que vous êtes très content de la nouvelle constitution du Royaume et que vous êtes tous bien armés et décidés à la soutenir; je vous en dis autant de la plus grande partie des villes de Bretagne et même d'un certain nombre de paroisse de campagne, mais depuis que l'Assemblée Nationale a décrété la nouvelle constitution du clergé, qu'elle a réduit les évêchés à 83 pensionnés, tous les fonctionnaires publics au lieu de leur laisser jouir de leurs immenses revenus, dont la plupart faisoient un très mauvais usage, et enfin obligés de faire le serment civique, ils se sont déchaînés surtout dans les campagnes où l'on est moins éclairé que dans les villes et ils sont parvenus à leurs sermons même publics à soulever plusieurs paroisses. Cela a commencé aux environs de Vannes où il y avait 17 paroisses de soulevées, il s'y est porté de suite des villes voisines des milices nationales qui ont tout pacifié suivant les nouvelles qu'on a reçu hier et les paysans ont convenu que c'était leurs prêtres qui les avoient induits en erreur en leur disant qu'on vouloit abolir la religion; ils se sont calmés quand on leur a prouvé le contraire par l'explication des décrets et même par le silence du pape [...]. Enfin la plus forte partie des prêtres bretons ont refusé de prêter le serment; on va nommer à leur place. Ma crainte est qu'on n'en trouve pas suffisamment pour desservir toutes les paroisses à cause de la langue, pour pouvoir prêcher et confesser en breton, car ce qui est absolument nécessaire dans les campagnes et ce qui les autorise à faire les fiers. Enfin il faudra avoir recours aux moines qui savent la langue et les séculariser pour remplir [...]. Mon fils aîné [Thomas] a beaucoup d'esprit, il a même fait parler de lui depuis la Révolution, il a été député des jeunes gens pour la fédération du 14 juillet dernier à Paris, son voyage me coûte plus de 900 # car la jeunesse actuelle ne connoit pas le prix de l'argent et la peine qu'on a de le gagner [...]. Tout s'est passé jusqu'ici sans effusion de sang si ce n'est le soir de la fête de Dieu qu'un jeune officier du régiment du Poitou a eu la tête tranchée par le peuple et militaires de mer et de terre réunis, pour avoir peint et affiché un autel de la patrie avec des indécences qui ont fait rougir les plus scélérats. Si cette découverte avait été faite deux jours plus tard qu'on eût appris la désertion du roi, il seroit arrvé de grands malheurs ici [...]. Mon fils aîné qui aura le 2 du prochain 21 ans est aussi à Paris depuis 5 semaines député du club et des amis de la Constitution de Brest pour plusieurs affaires graves; il a réussi jusqu'à présent à satisfaire ses commettants [...]. Nous ne sommes pas si tranquilles en Bretagne, surtout dans les campagnes où les fanatiques sont tout puissants, on nous en a amené tous les jours; 67 sont déjà renfermés dans notre château et plusieurs d'eux courent le risque d'être transportés hors du royaume en conformité du dernier décret au sujet de ces perturbateurs du repos public, car s'ils avaient voulu nous n'aurions pas la guerre et tout seroit fini [...]. On a armé ici depuis la déclaration de guerre 7 à 8 frégates ou corvettes pour chasser les corsaires sous pavillon du roi de Bohême et de Hongrie, on prépare encore 6 à 7 gros vaisseaux dont un de 110 pièces de canon avec quelques frégates [...]. Aussitôt le retour de mon fils aîné de Paris, il m'a fallu laisser partir le second âgé de 21 ans qui s'est trouvé à la célèbre journée du 10 août dernier qui a sauvé notre liberté et la France [...]. Vous aurez appris dans son temps les horreurs du traitre Dumouriez. Dieu veuille que ce soit le dernier et que la Convention se mette à l'ordre car ces divisions nous occasionnent bien du mal [...], etc. Avec plusieurs réponses donnant des nouvelles de la Révolution au Bez et en Dauphiné
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