samedi 25 juin 2011

Recueil de poésie, en langage vulgaire de Grenoble,..., Blanc la Goutte, vers 1740

Le poète Blanc la Goutte, un des plus célèbres représentants de la littérature en patois (ou dialecte, on prendra le mot que l'on veut) de Grenoble, a rassemblé vers 1740 trois de ses œuvres dans :
Recueil de poésie, en langage vulgaire de Grenoble, contenant l'Epitre à Mademoiselle *** sur les réjouissances à l'occasion de la Naissance de Monseigneur le Dauphin, Grenoblo malherou & le Jacquety de le Comare
Grenoble, André Faure, Imprimeur du Roi, s.d., in-12, 36 pp.


On y trouve donc :
- A madameisella***, qui est la reprise du poème paru en 1729, première œuvre publiée de Blanc-la-Goutte : Épître en vers, au langage vulgaire de Grenoble, sur les réjouissances qu'on y a faites pour la naissance de Monseigneur le dauphin, à Mademoiselle***, Grenoble, Pierre Faure, 1729. Ces réjouissances pour la naissance du Dauphin ont eu lieu en septembre 1729.
- Grenoblo Malherou, le plus célèbre de ses poèmes, à propos des inondations catastrophiques de Grenoble en 1733. Il a été publié pour la première fois en 1733 : Grenoblo malherou. A Monsieur ***, Grenoble, André Faure, 1733, in-4°, 26 pp.
- Dialoguo de le quatro comare, Pissisen, Jappeta, Faliben, Franqueta, qui est le seul poème en version originale. C'est un dialogue entre 4 commères grenobloises. Sur la page de titre, il est appelé le "Jacquety de le Comare".
(Pour plus d'informations, cliquez-ici et sur Blanc la Goutte, cliquez-ici).

Ce petit recueil est particulièrement rare. Il a fallu attendre 1859 pour qu'un bibliographe dauphinois le cite. Auparavant, il était inconnu, ce qui faisait que la bibliographie de Blanc la Goutte était particulièrement incertaine jusqu'aux travaux de Pilot de Thorey en 1859, dans sa notice incluse dans
Grenoble inondé.

Ma notice est sobre, mais je suis particulièrement heureux d'avoir déniché cet ouvrage particulièrement rare dans une vente aux enchères récente, avec deux autres ouvrages : celui que j'ai présenté la semaine dernière et la probable publication de la semaine prochaine.


Je suis d'autant plus heureux, que j'ai eu la satisfaction de pouvoir en savoir un peu plus sur sa provenance. En effet, c'est un des deux exemplaires de ce
Recueil qui étaient proposés à la vente de Salvaing de Boissieu en 1897. La description correspond, sauf que là où ils décrivent la reliure en veau, je pense que c'est de la basane racinée. Sinon, preuve ultime, le signet avec le n° 586, n° du catalogue Salvaing de Boissieu, est toujours dans l'exemplaire.

Pour conclure ce message, je ne peux que rappeler la belle édition de ce poème datée de 1864, avec des illustrations de Diodore Rahoult et une préface de George Sand, pleine de bienveillance pour ce poète populaire : "un de ses morts illustres, ignoré pourtant au delà de ses horizons, et digne d'être entendu et goûté de toute la France.", et "Il y a du Balzac dans ce bonhomme."

Quelques illustrations de cette édition avec pour finir un portrait imaginé de Blanc la Goutte :



2 commentaires:

Textor a dit…

Belle Trouvaille... qui m'a échappée! Depuis que j'ai mis la main il y a quelques années sur un exemplaire de la Pastorale de Janin, je suis à l'affut de ces petit texte en language local. C'est vrai qu'on n'en rencontre pas souvent...
Peut-être qu'un jour, l'un d'eux atteindra des sommes vertigineuses parce que nous serons en train de nous le disputer, chacun au téléphone !! :)

Jean-Marc a dit…

J'espère que je ne l'ai pas emporté sous votre nez dans la vente récente où je l'ai acheté. J'ose plutôt penser que j'ai eu assez de flair pour le trouver caché dans le catalogue, mal et incomplètement décrit. On peut être critique vis-à-vis des experts, mais j'apprécie lorsque leur description incomplète offre la chance d'une découverte. En effet, l'exemplaire contient aussi une "Pastorale de Janin" dont je parlerais bientôt.

Je viens de recevoir un mail d'un lecteur du blog qui m'explique qu'il a aussi la "Pastorale de Janin" de Jean Millet. C'est l'exemplaire proposé par Pierre Prevost, exemplaire qui m'était passé sous le nez (ou à la barbe, ce qui est plus approprié dans mon cas). La bibliophilie est vraiment une "struggle for life"!