dimanche 17 mars 2013

Albert de Rochas d'Aiglun (1837-1914), ses livres, sa bibliothèque.

Un mail récent d'un ami bibliophile m'a inspiré ce week-end pour décrire l'exemplaire personnel d'Albert de Rochas d'Aiglun de son ouvrage : Patois des Alpes cottiennes (Briançonnais et vallées vaudoises) et en particulier du Queyras, publié en collaboration avec Jean-Armand Chabrand en 1877.



Au-delà de l'intérêt purement bibliophilique de posséder ainsi un exemplaire sur papier de Hollande (B.F.K) dans une reliure aux armes, c'est aussi un ouvrage indispensable pour la connaissance du provençal haut-alpin. A l'origine, c'est le souhait de Jean-Armand Chabrand de préserver la connaissance de la variante spécifiquement parlée dans son pays natal, le Queyras. Il a ainsi recensé 3114 mots, qu'il a complété d'une grammaire. Cela en fait le premier ouvrage sur le "patois" des Hautes-Alpes. Albert de Rochas d'Aiglun y a contribué par son Recueil méthodique et étymologique des noms de lieux du Queyras et des contrées contigües, selon un classement méthodique : forme du terrain, nature du terrain, eau, végétaux, animaux, constructions, etc. Il répondait ainsi à un vœu qu'il avait émis lors d'une lecture devant l'Académie delphinale en 1874 : De l'utilité d'unglossaire topographique. Il souhaitait la mise en place d'un glossaire topographique qui donnerait tous les termes désignant des caractéristique de lieux en dialectes locaux. Pour cela, il faut étudier ces dialectes ou patois, alors qu'ils sont en train de disparaître, et rechercher les termes anciens dans les documents d'archives.




Pour en savoir plus sur cet ouvrage, je vous laisse découvrir la page que je lui ai consacrée : cliquez-ici.

Une autre curiosité, c'est que j'ai réussi le rapprochement improbable de deux exemplaires dont les envois se répondent. Dans cet exemplaire, est relié en fin un tiré à part de la notice bibliographique de cet ouvrage par Florian Vallentin, avec un envoi de celui-ci à Albert de Rochas d'Aiglun :


Il se trouve, extraordinaire coïncidence, que je possède aussi l'exemplaire de Florian Vallentin de cet ouvrage avec un envoi d'Albert de Rochas d'Aiglun :



J'ai rangé les deux exemplaires de cet ouvrage qui se répondent, côte à côte dans ma bibliothèque.



Pour finir, quelques mots sur Albert de Rochas d'Aiglun. Ce polytechnicien, issu d'une ancienne famille gapençaise, plus notable que noble, a un moment donné délaissé l'érudition régionale (comme cet ouvrage) ou militaire, pour se consacrer à des études sur les phénomènes para-normaux : spiritisme, magnétisme, hypnose, etc. Aujourd'hui, il est surtout connu internationalement pour ces travaux. A notre connaissance, il n'existe pas d'études modernes sur ses recherches, ni de bibliographie complète de ses ouvrages.

Cette étrange photo, aujourd'hui conservée  à l'American Philosophical Society, le montre entouré d'un halo de force psychique.


Cette photographie plus classique nous le montre en habit militaire, en 1883 :


Il est aussi l'auteur du Livre de demain, dont un exemplaire vient d'être vendu : cliquez-ici.



On voit que c'est une personnalité aux multiples facettes. Pour mieux le connaître : cliquez-ici.
Pour en revenir au début du message, sa bibliothèque, visiblement assez riche, a été dispersée à une date inconnue. Les exemplaires de cette provenance portent diverses marques de possession :




C'est un des exemplaires de cette bibliothèque qui vient aussi de rejoindre celle de cet ami bibliophile.




2 commentaires:

Textor a dit…

J'imagine bien la joie que vous avez du éprouver à la découverte de ce livre : un thème qui vous est cher dans une reliure prestigieuse, quoi de mieux !
Quant à la réunion de deux exemplaires aux ex-dono qui se répondent, ce n'est plus de la chance, il faut jouer à l'Euromillion ! :)
Textor

Bibliothèque dauphinoise a dit…

La chance que j'ai eue est d'autant plus une chance, que je n'ai pas essayé de la provoquer. J'ai d'abord acheté l'exemplaire de Florian Vallentin, puis l'exemplaire de Rochas d'Aiglun. Je me suis alors aperçu de la coïncidence. J'ai d'autant mieux gagné (si j'ose dire), que je n'avais pas joué. Je crains que si je voulais gagner à l'eurommillons, le triste sort s’abattra sur moi.Ce que j'ai voulu, je ne l'aurai pas.
Jean-Marc