mardi 11 novembre 2008

Joseph Guérin, Louis-Etienne Faure et quelques autres

Il y a deux semaines, je vous avais fait découvrir Joseph Guérin, un médecin avignonnais qui s'était aventuré à explorer le Haut-Dauphiné dans les premières décennies du XIXe siècle. Il en avait ramené des mesures d'altitude (Mesure barométriques). Il en avait aussi ramené des vues dans lesquelles il s'essayait à décrire par les mots les paysages qu'il a admirés dans les Hautes-Alpes. Il veut, par le texte, faire comme un peinture. Cela nous vaut quelques unes des premières descriptions des Hautes-Alpes et du massif des Ecrins : le Glacier d'Allefroide (Glacier Blanc et Pré de Madame Carle), le Glacier du Monetier, et les Chalets des Arcines (Chalets de l'Alpe de Villard d'Arène). Il a inséré ces vues dans un ouvrage en apparence sans rapport :
Panorama d'Avignon, de Vaucluse, du Mont-Ventoux et du Col-Longet suivi de quelques vues des Alpes françaises, publié en 1829 à Avignon. J'ai décrit un joli exemplaire que je viens d'acheter dans une vente aux enchères (à Lorient !).



C'est un ouvrage très rare, surtout complet de ses 8 lithographies (qui concernent Avignon et malheureusement pas les Hautes-Alpes).


Au passage, je reproduis ici l'ex-libris collé sur le premier contre-plat. Je suis intrigué par le motif armorié, avec sa couronne royale. Si un lecteur a une idée ?




Autre personnalité attachante, et totalement inconnue (!), Louis-Etienne Faure (1759-1850) est un Briançonnais, homme politique, mais surtout un agronome féru de nouveautés qui s'est ruiné pour démontrer et enseigner à ses compatriotes que l'on pouvait élever des moutons Mérinos. Pour cela, il fit construire une bergerie au Lauzin, sur les pentes de Peyre-Eraute, au dessus de Briançon et publia en 1807 chez Fantin à Paris un petit ouvrage, là aussi introuvable, pour répandre la bonne parole : Le berger des Alpes.



Miracle d'internet, la bergerie, avec sa maison de maître, existe toujours et a fait l'objet d'un site à l'occasion de son bicentenaire : www.Lauzin.com



Malgré l'échec de son expérimentation, il ne fut pas dégouté de s'intéresser à l'agriculture de son pays natal. Avec l'appui des autorités départementales, il publia en 1823 une Statistique rurale et industrielle de l'arrondissement de Briançon, département des Hautes-Alpes. C'est la première description précise et raisonnée du Briançonnais.




Maintenant, en vrac :

J'ai crée une page sur Madelein Rivière-Sestier, dont je possède quelques lettres. Je l'ai fait pour une lectrice du site qui s'intéresse à son père, Marius Sestier, du Sauzet, dans la Drôme, qui fut un des pionniers du cinéma en Inde et en Australie. Je l'ignorais et je trouve cela assez fascinant.

J'ai ajouté la description de l'édition de 1869 à celle de l'édition de 1868 de l'ouvrage de Berlepsch, Les Alpes, avec sa belle reliure d'éditeur, en état parfait.



J'ai fais faire un pas en avant gigantesque à la science bibliographique en remarquant qu'il existe deux versions de la page de titre pour Zizimi prince ottoman, amoureux de Philipine-Helene de Sassenage. Histoire dauphinoise, de Guy Allard, dont je vous ai déjà largement parlé dans des messages précédents. Rendez-vous compte, même Brunet ignore ce point majeur ! Mais quelle est la bonne édition ?



Clin d'œil à Bertrand,à qui je reprends le quatrain célèbre :
"C'est elle, Dieu que je suis aise,
Oui, c'est la bonne édition ;
Voilà bien, pages neuf et seize,
Les deux fautes d'impression
Qui ne sont pas dans la mauvaise."

1 commentaire:

bertrand a dit…

Bonjour Jean-Marc,
dans le même ordre d'idées, j'ai moi aussi de mon côté remarqué quelques éditions avec des variantes, pour quelques ouvrages du XVIIIe siècle qui me sont passés entre les mains,
je devrais sans doute consigner tout cela en vue d'un Brunet "new age" version XXIe siècle ?!

Bravo pour ton blog en tous les cas, superbe !

Amitiés bibliomanes,
Bertrand