dimanche 5 juillet 2009

Les Vaudois de Freissinières

Distrait par tous ces salons du livre ancien, j'en avais oublié mon programme du moment : décrire les ouvrages sur le protestantisme et les Vaudois dans les Hautes-Alpes. Dans le suivi des accès à mon site et à mon blog, je me suis aperçu que ce sujet intéresse visiblement beaucoup.

Je me suis donc remis au travail en décrivant un ouvrage rare :
Les Vaudois des Alpes françaises et de Freissinières en particulier.Leur passé, leur présent, leur avenir. Deuxième édition revue et augmentée. par Louis Brunel, paru chez Fischbacher à Paris en 1890.



Ecrit par un pasteur protestant qui a passé 15 ans à Freissinières (vallée où se trouve Dormillouse, lieu plus connu par certains), cet ouvrage ne bouleverse par l'historiographie protestante dans les Hautes-Alpes, d'autant que la partie historique n'est qu'une compilation d'ouvrages plus anciens. On peut seulement relevé cette préoccupation très contemporaine de démontrer que les Vaudois de ce village ne sont pas issus du mouvement lancé par Pierre Valdo à Lyon au XIe siècle, mais qu'ils se sont toujours opposés à l'Eglise officielle depuis la christianisation de la région. Ce débat peut paraitre oiseux, mais il a beaucoup occupé les esprits à cette époque. L'intérêt principal du livre réside dans les chapitres : "Leur présent" et "Leur avenir" qui décrivent la vie à Freissinières à la fin du XIXe siècle et l'émigration de certaines familles vaudoises en Algérie. Cette émigration a été rendue possible grâce au Comité de Lyon, une association de notables protestants qui venaient en aide aux populations "vaudoises" défavorisées, d'abord dans leurs vallées, puis en soutenant l'émigration vers l'Algérie.

Un autre intérêt de cet ouvrage est qu'il contient une carte des vallées vaudoises des Alpes françaises par Paul Guillemin :

Elle appartient à cette série de travaux cartographiques que Paul Guillemin a menés dans ces années-là pour fixer et préciser la topographie et surtout la toponymie de la région. A ceux que cela peut étonner, il faut savoir que la topographie et la toponymie des Alpes du Haut-Dauphiné (Les Hautes-Alpes, le massif des Ecrins dans la terminologie moderne) étaient encore très imprécises, voir erronées dans les années 1870/1890.

Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, mon intérêt pour les Hautes-Alpes commence à déborder le strict cadre des livres, pour aller musarder dans le domaine des photographies, des tableaux et de tout type de documents sur la région. Au salon de Saint-Sulpice, pour quatre sous, j'ai acheté ce joli petit paysage 19e dont le titre est :
Vue des Alpes, près Gap (Hautes-Alpes)

Je croyais connaitre la région, mais je n'ai pas encore identifié clairement le lieu représenté. A mon avis, il ne s'agit pas de Gap, mais d'un paysage dans le Champsaur ou le Valgaudemar, voir le Trièves. A bon entendeur, je suis preneur d'une identification certaine.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Certaine,pas vraiment,mais je pencherai pour le plateau d'Ancelle dans le Champsaur.

Jean-Marc Barféty a dit…

Merci pour cette hypothèse. On peut le penser, même si je connais mal Ancelle.

Ce qui m'intrigue est ce plan d'eau au premier plan. Il n'y a en pas beaucoup près de Gap.

Je profiterai de mes vacances dans les Hautes-Alpes pour faire des repérages sur le terrain.

Jean-Marc

Anonyme a dit…

Le plateau d'Ancelle a été formé par un lac glaciaire;peut-être,l'artiste a-t-il voulu le faire figurer sur son tableau....?
Mystère......