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jeudi 18 juin 2020

Histoire de la vie de Charles de Créquy de Blanchefort, Duc de Lesdiguières, Nicolas Chorier, 1683

Le confinement et une belle vente à Dijon m’ont offert l’occasion de me replonger dans la bibliophilie dauphinoise. Depuis longtemps, je collectionne les ouvrages de Nicolas Chorier. L’exemplaire proposé présentait tout ce qui peut en faire un exemplaire désirable. Un texte rare, une belle provenance, dans une belle reliure janséniste de la fin du XIXe par un relieur lyonnais. C’est ainsi que l’Histoire de la vie de Charles de Créquy de Blanchefort, Duc de Lesdiguières, publiée à Grenoble en 1683, vient de rejoindre ma bibliothèque.


C’est une biographie de Charles de Créquy de Blanchefort (ca. 1571 à Canaples (Somme) - 17 mars 1638 à Breme (Italie)), 2e duc de Lesdiguières et pair de France (1626-1638), qui a été fait maréchal de France en 1626, en même temps que son beau-père était nommé connétable. Il a successivement épousé les deux filles de François de Bonne, duc de Lesdiguières et de son épouse Marie Vignon : Madeleine de Bonne (1576-1620) et Françoise de Bonne.


J’ai décrit plus précisément cette édition sur la page que je lui consacre. Je vous y renvoie (cliquez-ici).

Cette acquisition a aussi été l’occasion pour moi d’enrichir ma collection d’ex-libris dauphinois. En effet, cet exemplaire provient d’un célèbre bibliophile lyonnais, Joseph Nouvellet, né à Lyon le 30 décembre 1840 et mort à Saint-André-de-Corcy (Ain) le 20 janvier 1904 (sauf erreur de ma part, je suis le premier à donner les date et lieux de décès exacts de ce bibliophile), dont la bibliothèque a été vendue en 1891 : Catalogue de l'importante et magnifique bibliothèque de M. X. ... de Lyon ... vente aux enchères publiques à l'Hôtel des ventes à Lyon, le lundi 14 décembre et 8 jours suivants, Lyon, 1891, avec Louis Brun, libraire à Lyon, comme expert.


Malgré toutes mes recherches, je n’ai pas trouvé de numérisation en ligne de ce catalogue, ce qui fait que je n’ai pas pu vérifier que cet exemplaire avait été vendu à cette date. Il contient un feuillet ajouté à la reliure avec quelques notes de Joseph Nouvellet, complétées par une autre main, probablement d’un des autres propriétaires de cet exemplaire.


Complément : Après la publication de ce message, un lecteur de ce blog m'a sympathiquement envoyé une image du catalogue Nouvellet où l'on voit que cet exemplaire a été proposé sous le n° de lot 991.


On pourra aussi constater que l'expert s'est contenté de recopier les notes de Joseph Nouvellet dans sa notice...


Je me suis livré sur cet ouvrage à une petite enquête comme je les aime qui m’a conduit à penser que l’édition originale n’était pas cette édition de 1683 chez François Provansal, à Grenoble, mais une édition antérieure de deux ans, de 1681, chez Louis Nicolas, à Grenoble. Seule la Bibliothèque Nationale de France conserverait un exemplaire de cette édition originale et quelques exemplaires ont gardé la page de titre de l’original pour le second livre. Pour ceux que passionnent ce type d’enquête bibliographique, je les renvoie aussi à la page que j’ai consacrée à cet ouvrage. Juste pour conclure, que ce soit 1681 ou 1683, l’impression est probablement de François Provansal et seules les pages de titre ont été changées en 1683 lorsque l’imprimeur François Provensal est aussi devenu libraire à Grenoble en rachetant le fonds de Louis Nicolas et donc les feuilles d’impression qu’ils avaient faites pour lui.

Dans le cours de mes recherches, j’ai été amené à consulter l’exemplaire numérisé de l’University of Michigan, sur Google Books. En général, ils effacent les photos de doigts ou de tous autres moyens utilisés pour tenir l’ouvrage ouvert. Pour cette numérisation, seule un page a conservé la photo originale du doigt de l’opératrice de numérisation dont on peut admirer l’ongle savamment peint. Pour un ouvrage du XVIIe siècle, ce n’était pas le moins que de se décorer les ongles de façon aussi élaborée.


lundi 23 décembre 2019

Dessins originaux d'Eugène Tézier

Eugène Tézier est un illustrateur essentiellement connu pour un bel ouvrage à la gloire des chasseurs alpins : Nos Alpins, paru en 1898. J'ai déjà eu l’occasion d'en parler sur ce blog (cliquez-ici). Cela m'avait alors conduit à essayer d'en savoir plus sur lui. A l'époque, en mars 2013, il n'existait aucune information disponible sur Internet ni dans les principaux ouvrages sur le Dauphiné. Il n'a pas d’entrée dans le Dictionnaire des peintres, sculpteurs et graveurs du Dauphiné, d'Yves Deshairs et Maurice Wantellet. Lorsque j'ai entrepris de décrire Nos Alpins sur mon site, j'ai fait des premières recherches qui m'ont permis de trouver sa date de naissance, d'esquisser l’histoire de sa vie et de rassembler quelques informations sur ses productions. Je lui ai consacré une page sur mon site : Eugène Tézier. J'ai travaillé depuis et je ferai bientôt part du résultat de mes recherches.

Récemment, lors d’une belle vente consacrée la bibliothèque cynégétique du Verne, j'ai déniché un exemplaire particulier de La Chasse alpestre en Dauphiné. J'ai déjà eu l’occasion de parler de ce livre dont il existe deux éditions principales. L'édition originale de 1874, qui reprend les textes parus dans Le Courrier de l’Isère, en 1873 et une belle édition illustrée par Émile Guigues en 1925 Je n'ai jamais eu de sympathie particulière pour la chasse et l'esprit qui l’accompagne. J'ai pourtant aimé ce texte bien écrit et bien enlevé d'Alpinus, autrement dit d'Henry Faige-Blanc.

L’exemplaire que j'ai acquis se distingue car il contient 14 planches en pleine pages, de dessins à la plume d’Eugène Tézier qui ont été spécialement réalisés pour illustrer cet ouvrage. Ce sont des dessins originaux, qui étaient peut- être prévus pour une édition qui n'a jamais paru. Eugène Tézier avait aussi commencé à ornementer les têtes de chapitre. Il n'a terminé que celle concernant l'ours et n’a fait qu’esquisser celles consacrées au chamois et au coq de bruyère.

Chacune des planches correspond à un passage du texte. J'en ai sélectionné 6, parmi les 14, avec les textes ou les sujets associés :

Vialy partant à la chasse à l’ours : « D'arbre en arbre il avance, n'occupant jamais le terrain conquis par son œil et par son oreille. Si l'ours est à sa besogne, c’est-à-dire en mouvement, l'œil et l'oreille bien vite le montrent à Vialy ; l'oreille avant l’œil, tant est perceptible le moindre bruit dans le silence sans pareil et sous la voûte sonore des sapinières. »



« Vous descendez à cinquante mètres plus bas ramasser votre conquête, et lorsqu'éperdu de joie, dans la paume de votre main bien étendue, vous soupesez sa masse charnue et pantelante, du coin de l'œil, vous voyant ainsi en proie au saint délire, Saint-Hubert, n’en doutez pas, essuie une larme furtive. »
 


« Donc midi sonnant au pays-plat, Gavet pêchait au bord du lac Claret, couché mollement à l'entrée de sa case, son semblon étendu devant lui, dans l'eau profonde. Il fumait son chiboucque, et du pouce et de l'index, il lançait sur onde, comme boulettes de pain, les sauterelles rouges des pâturages élevés, petasia montana. »
Gavet est le surnom du chasseur qui est en quelques sorte le héros de ces chroniques.



Illustration de l'« homélie » prononcée par Gavet, qui est introduite par ce texte :
« Pour les Alpins, quand ils ont à leur tête leur cardinal Gavet, gravir un Som, c'est synonime [sic] d'aller au Prêche. Gavet est l'homme du sermon sur la montagne, et je ne connais pas d'exemple qu'il soit parvenu jamais sur un pic, sans y prononcer une homélie. »



« Or, notre tour étant venu, nous fûmes mis en cellule, avec mission de manufacturer cette œuvre d'art. De la cellule de Maurice sortit un morceau qui débutait ainsi que suit :
"Etiam si omnes, ego non !
Et je vous attendais ici, ô Harmodius et Aristogiton !
Assez longtemps, — fieffés assassins que vous êtes, gibier de Toulon, de Rochefort et de Cayenne, — assez longtemps vous avez encombré l'Histoire de votre gloire nauséabonde !
Que des professeurs idiots, relaps de Saint-Robert, imposent votre louange à des moutards crétinisés !"
"Moi !"
"Toi !" hurla le père Reynaud apoplectique.
Et Maurice vola, — presque en éclats, — de son banc au milieu de la cour, — par la fenêtre.
C'est qu'en même temps qu’il était doué des fureurs d'Apollon, le père Reynaud avait hérité du torse d'Hercule. »



Dernier dessin du livre qui, à la différence des autres, n'illustre pas un passage particulier. Il représente le chasseur au repos. Ce personnage masculin, avec une barbe en pointe et une moustache à la Napoléon III, sera souvent repris par Eugène Tézier dans son œuvre, comme sur la page de titre de Nos Alpins. Je suis tenté d'y voir un autoportrait.



Quant à l’illustration des têtes de chapitre, celle de l'ours est la seule complète, qui nous fait regretter qu'il n'ait pas persévéré pour les autres. Nous devons nous contenter des esquisses.



Cet exemplaire a appartenu au grand bibliophile dauphinois Eugène Chaper, qui l'a fait relier par un des plus grands relieurs de l'époque, Chambolle-Duru. Il y a mis son ex-libris manuscrit et cette annotation : « Exemplaire illustré de 17 dessins originaux par les frères Tezier (de la Drôme) ».


En parlant des frères Tézier, il fait référence à Eugène Tézier et à son frère jumeau Jean. Pourtant, les dessins ne doivent être que de la main d'Eugène, car Jean se consacrait plus à la poésie et à la littérature qu'au dessin. On peut dater ces dessins de la période 1887/1889, c'est à dire entre le moment où Eugène Tézier commence à percer comme dessinateur de presse et avant les décès de son frère Jean, en 1889 et d'Eugène Chaper en 1890.

Cela fait de cet exemplaire un bel objet bibliophilique. L’intérêt est surtout de nous faire découvrir des dessins orignaux d’Eugène Tézier qui n’était auparavant connu que par ses publications, soit comme dessinateur de presse, soit comme illustrateur. Cela m'a donné envie d'en savoir plus sur lui, mais de cela, je vous parlerai plus tard.

J’ai la chance d'avoir une autre œuvre originale d'Eugène Tézier, un petit tableau à l’huile représentant la gare de Briançon. Sauf erreur de ma part, c’est la première fois qu'un tableau d’Eugène Tézier refait surface (il y en a sûrement d’autre dans des collections privées). C'est d’autant plus important que lui-même préférait se qualifier de peintre, avant tout, ce qui est paradoxal pour quelqu'un dont on ne connaît aucune autre peinture, à l'exception de celle-ci. 


lundi 18 mars 2019

Paul Colomb de Batines (1811-1855)

Comme le savent mes lecteurs, il m'arrive régulièrement de me prendre de passion pour des personnages un peu secondaires de l'histoire dauphinoise. C'est ainsi que Paul Colomb de Batines a occupé quelques heures de ma vie de bibliophile dauphinois ces derniers mois. J'ai parlé de lui au tout début de l'année, dans cet "éloge de l'inachèvement" que je lui ai consacré. Mais j'avais l'impression d'être incomplet. 

Colomb de Batines et ses amis au café, vers 1835.
Tableau anonyme, Musée de l'Ancien Évêché, Grenoble.
Tableau donné à la Bibliothèque de Grenoble par Mlle E. Richardson, de Florence, vers 1929.

J'ai donc mené deux tâches :

D'abord, j'ai entrepris d'écrire une notice biographique de Paul Colomb de Batines plus complète que toutes celles que l'on peut trouver. Cet homme a eu 3 vies. Né en 1811, de 1829 à 1841, il s'est essentiellement consacré à la bibliophilie et à la bibliographie dauphinoises. Ensuite, de 1841 à 1844, il a été libraire et éditeur à Paris. Sur cette période, je vous renvoie à la notice consacrée à son activité de libraire parisien, comme successeur de Joseph Crozet, sur le site Histoire de la bibliophilie : cliquez-ici. Enfin, de 1844 jusqu'à son décès en 1855, il vit à Florence où il devient le bibliothécaire d'un seigneur italien de Florence. Il se consacre alors à la bibliographie de l'œuvre de Dante, ce pour quoi il est aujourd'hui le plus connu. Je me suis évidemment consacré à la première partie de sa vie. Il est toujours difficile de se faire une idée de la personnalité d'un homme né il y a 200 ans, sur lequel peu de contemporains se sont exprimés. J'aime chez lui ce goût un peu maniaque de la bibliographie, cet art de la précision pour des points de détail de l'histoire des livres, comme si cela avait vraiment de l'importance. J'aime aussi cette forme d'inachèvement dans tout ce qu'il fait, cette difficulté à faire aboutir les projets ambitieux qu'il avait et dont je vais bientôt parler.
Cette biographie est accessible en suivant ce lien : Paul Colomb de Batines.

L'autre tâche était tout simplement d'établir une bibliographie des écrits de Paul Colomb de Batines. Si, pour les ouvrages, la bibliographie d'Adolphe Rochas était presque complète, elle méritait d'être corrigée pour les quelques erreurs que l'on y trouve. En revanche, la bibliographie de ses articles restait à faire. Je ne pense pas avoir identifié tous ses articles, car il a beaucoup écrit, souvent des notices courtes ou des correspondances, qu'il n'est pas toujours facile de trouver. J'y ai ajouté les réimpressions qu'il a commandées. Mais, ce qui est plus inhabituel dans une bibliographie, je me suis intéressé à ses nombreux projets. Paul Colomb de Batines a souvent annoncé des publications à venir, allant même jusqu'à présenter comme étant sous presse des ouvrages qui n'ont jamais paru. Cela a provoqué l'ironie d'Adolphe Rochas : « ce projet, comme une foule d'autres de Colomb de Batines, n'a pas eu de suite. » Je souhaitais leur rendre hommage.
Cette bibliographie est accessible en suivant ce lien : Bibliographie de Paul Colomb de Batines.

mercredi 4 avril 2018

Deux personnalités dauphinoises et un livre

De nombreux bibliophiles sont friands de reliures aux armes, comme cet ouvrage qui vient de rejoindre ma bibliothèque :




Ce sont les armes de Louis François Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu (1696-1788), arrière-petit-neveu du cardinal de Richelieu. Ce fut surtout un homme de guerre qui combattit lors de nombreuses campagnes entre 1733 et 1758, prenant notamment une part décisive à la victoire de Fontenoy (1745). Il fut élevé à la dignité de maréchal de France en 1748. Bien que sachant à peine l'orthographe, il fut élu à l'unanimité à l'Académie française le 25 novembre 1720. Il exerça une très grande influence au sein de l'Académie. Il fut également membre honoraire de l'Académie des Sciences. L’usage et les habitudes de son milieu lui imposèrent une bibliothèque, mais il ne lisait jamais.

Cette belle reliure (quoique fortement restaurée, comme peuvent le voir les yeux exercés) couvre un ouvrage en 2 tomes, reliés en un seul volume : Mémoires du Maréchal de Berwik, Duc et Pair de France, & Généralissime des Armées de Sa Majesté, paru à Amsterdam en 1741.



Mais ce n'est pas une telle provenance qui a attiré mon œil le jour où j'ai vu passer ce livre en vente. Ce sont ces deux petites notes sur un feuillet ajouté en tête de l'ouvrage :



Hautes-Alpes.
C’est à partir de la page 93 du tome II qu'il est question dans les Mémoires du Maréchal de Berwik du département des Hautes-Alpes comme théâtre de la guerre contre le duc de Savoye. Le quartier-général de l'armée commandée par Berwick était à Briançon.
Voir aussi ce qu'il est dit de Catinat dans cet ouvrage.
Donné par M. Aristide Albert à H. Duhamel le 10 8bre 1902. 
La première note est de la main d'Aristide Albert (1821-1903), célèbre érudit briançonnais qui a œuvré toute sa vie pour faire connaître sa "petite patrie". Sans être à proprement parler un bibliophile, il a collectionné les livres et s'est constitué une bibliothèque, qui a servi de noyau à la bibliothèque municipale de Briançon à qui il a fait don d'une partie de ses livres. Elle porte d'ailleurs son nom et son buste orne le petit square qui se trouve devant (cliquez-ici).


Aristide Albert s'est intéressé à cet ouvrage non pas pour les armes, mais tout simplement parce que le maréchal de Berwick s'est illustré dans les Hautes-Alpes pendant la guerre de succession d'Espagne, lors des campagnes des années 1709 à 1712. Il fait partie de ces hommes de guerre qui ont su reconnaître l'intérêt stratégique de Briançon dans le dispositif de défense de la frontière française contre les ambitions de son remuant voisin, le duc de Savoie. Une des casernes de Briançon portait d'ailleurs le nom de Berwick. Quant à A. Albert, toujours à l'affût de la moindre mention de Briançon, il ne pouvait pas passer à côté de cet ouvrage, même si, il faut l'avouer, les quelques allusions à Briançon disséminées dans le tome II entre les pages 93 et 161 ne nous apprennent guère de choses sur la région, ni même sur les campagnes de Berwick dans le Briançonnais.

Quelques mois avant sa mort, Aristide Albert a donné ce livre à une autre personnalité dauphinoise, qui a aussi beaucoup fait pour le Haut-Dauphiné, le célèbre Henry Duhamel. Pour en savoir plus, je lui ai consacré une page dans laquelle j'ai tenté de résumer sa riche vie : cliquez-ici. S'intéressant à l'histoire du Briançonnais, il était naturel qu'il s'intéresse à Berwick. Il a par exemple publié les mémoires de La Blottière sur la frontière du Haut-Dauphiné qui ont justement été écrits durant ces années de guerre. J'imagine que c'est l’intérêt commun d'Aristide Albert et d'Henry Duhamel pour ce sujet qui a conduit le premier à lui faire don de ce livre.


J'espère que l'on comprend mieux maintenant que posséder ce livre, qui a peut-être accompagné les conversations de ces deux personnalités si marquantes pour les Alpes dauphinoises, est important pour moi. C'est un peu le souvenir fugace de cet échange que j'ai entre les mains.

samedi 14 mai 2016

Les maîtres de la Montagne. La Meije et les Écrins, par Ernest Hareux, 1907.

En 1907, chez A. Gratier et J. Rey, éditeurs à Grenoble, paraissait un ouvrage illustré par Ernest Hareux, avec un texte de Daniel Baud-Bovy : La Meije et les Écrins. Il contient 50 vignettes dans le texte et 25 illustrations en pleine page, dont 24 se présentent sur des feuilles en papier fort gris, montées sur onglets, portant l'illustration en couleurs imprimée sur un feuillet indépendant collé ensuite par le haut au centre de la page, le tout complété d'une légende.

Le Doigt de Dieu ou Pic Central de la Meije

En complément de cet ouvrage tiré à 660 exemplaires, l'éditeur rassembla séparément ces 24 planches, sous une couverture formant chemise, sous le titre : Les maîtres de la Montagne. La Meije et les Écrins, sous le seul nom de l'illustrateur, le peintre Ernest Hareux.


Le tirage a dû être très restreint (50 ? 100 ? exemplaires), car c'est un ouvrage particulièrement rare. Il est absent de toutes les bibliothèques, y compris la BNF et le Fonds dauphinois de la Bibliothèque Municipale de Grenoble (source CCFr). Probablement que la présentation en feuilles n'est pas propice à la bonne conservation de l'ensemble.



Les 24 illustrations sont particulièrement belles. Je les reproduis toutes ici : 

Le Clapier de St-Christophe en Oisans

Le Plan du Lac

Route de St-Christophe et le Vénéon

Le dernier tournant près St-Christophe et les Fétoules

Le village de St-Christophe

Le pont à l'entrée de la Bérarde

Le village de la Bérarde

Le torrent des Etançons et les maisons de la Bérarde (Effet de nuit)

Au refuge du Carrelet

Campement improvisé des Écrins

Le sommet des Écrins

La moraine de Bonne-Pierre et le Col des Écrins

Le village de la Bérarde et la Tête de la Maye

La Meije

Le départ de la caravane pour l'ascension de la Meije

La vallée des Etançons

Un passage difficile, le Dos d'Ane

Arrivée au Glacier carré

Passage du Cheval Rouge

 Sur les arêtes de la Meije

La Meije (vue du Chazelet)

La Grave

Route de la Grave au Lautaret

Liens vers :
La Meije et les Écrins, de Daniel Baud-Bovy

 Ernest Hareux