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dimanche 31 mai 2015

Histoire de la vie du connestable de Lesdiguières, Louis Videl, 1638



François de Bonne, duc de Lesdiguières (1543-1626), dernier connétable de France est un personnage majeur de l'histoire du Dauphiné, au moment des guerres de religion. Natif de Saint-Bonnet-en-Champsaur, dans les Hautes-Alpes, il se devait d'appartenir à ce double titre à ma bibliothèque. Un des premiers beaux livres que j'ai achetés à la fin des années 1990 est la première biographie de Lesdiguières par son secrétaire Louis Videl : Histoire de la vie du connestable de Lesdiguières, publiée à Paris, chez Pierre Rocolet, en 1638. C'était un exemplaire en reliure d'époque, un beau veau glacé au dos richement orné.



Je viens d'acquérir un nouvel exemplaire. Il s'agit de l'exemplaire du bibliophile dauphinois Eugène Chaper (1827-1895), dans une très belle reliure de la fin du XIXe siècle, signée Pagnant, dont le dos orné pastiche les reliures contemporaines de l'édition (voir photo en début de message). C'est aussi un exemplaire grand de marges et non rogné : 362 x 237 mm., au lieu de 336 x 215 mm. pour l'exemplaire en reliure ancienne.

Évidemment, ce nouvel exemplaire ne remplacera pas le précédent, mais le complétera.

J'ai référencé l'ensemble des ouvrages que j'ai décrit concernant Lesdiguières sur cette page :   François de Bonne, duc de Lesdiguières.


 Portrait de Lesdiguières par Dumoustier, gravé par Huret

dimanche 10 octobre 2010

Un ouvrage de généalogie dauphinoise de 1672 par Guy Allard

En 1669, l'historien du Dauphiné Guy Allard fait paraître un prospectus pour annoncer son œuvre généalogique sous le titre : Projet de l'Histoire généalogique des familles nobles de Dauphiné. Ce n'est qu'en 1672 que parait le premier volume de la série. Toujours soucieux de se placer sous le patronage des puissants du moment, Guy Allard consacre sa première publication à la famille de François de Bonne de Créquy, comte de Sault, duc de Lesdiguières (1600-1677), gouverneur du Dauphiné. Il n'y aura en tout que 4 recueils de généalogies, parus entre 1672 et 1680. Ensuite, il ne publie que des généalogies isolées.

Ce premier recueil contient 8 généalogies sous le titre :
Histoire généalogique des familles, de Bonne, de Crequy, de Blanchefort, d'Agout, de Vesc, de Montlor, de Maubec et de Montauban.
Il est imprimé par Laurent Gilibert, à Grenoble et parait sous 3 adresses différentes, mais il s'agit toujours du même ouvrage et du même tirage.


L'exemplaire que je présente est à l'adresse de P. Charvys.

Il est en reliure d'époque.


Pour ceux qui voudraient plus de détails sur l'ouvrage, cliquez-ici.

Il contient en particulier la généalogie de la famille de Bonne, dont est sorti François de Bonne, duc de Lesdiguières, dernier connétable de France (1543-1623), grande personnalité dauphinoise des guerres de religion et de la pacification qui a suivi.


La généalogie qu'en donne Guy Allard illustre bien sa méthode. L'introduction tente de rattacher cette famille à quelques lignages prestigieux, alors que il s'agit d'une petite noblesse champsaurine, dans laquelle se sont succédés des notaires de génération en génération jusqu'au père du Connétable. Il cite bien les différents ancêtres, mais se garde d'indiquer qu'ils étaient notaires. Guy Allard en a gardé une réputation de complaisance dans ses travaux de généalogie. A sa décharge, cet homme sans fortune ne pouvait guère affronter les puissants de son temps. C'était presque une figure imposée que d'embellir les histoires familiales avec des origines prestigieuses, surtout pour les familles de récente extraction.

Première page de généalogie de la famille de Bonne, avec son blason.

Sur l'œuvre généalogique de Guy Allard, il existe une étude précieuse, comme savaient en publier les érudits du XIXe siècle.
Bibliographie de l'œuvre généalogique de Guy Allard, par Joseph Roman, Grenoble, Allier, 1905, 24 pp.


Ces petits travaux sont des sources irremplaçables pour la bibliographie locale, malheureusement difficilement accessibles.

dimanche 22 mars 2009

Encore les torrents des Alpes, un panorama depuis la Tête de la Maye et une traduction de l'allemand.

Pour finir sur le thème qui m'occupe depuis quelques semaines : les torrents, le reboisement des montagnes, etc., j'ai décrit un recueil de 6 ouvrages sur ce même thème. Ils font le lien entre l'ouvrage fondateur d'Alexandre Surell, Etude sur les torrents des Hautes-Alpes, 1841, qui posait pour la première fois le problème, et l'ouvrage de synthèse sur le sujet : Traité pratique du reboisement et du gazonnement des montagnes, de Prosper Demontzey, dont la 2e édition a paru en 1882. Ce recueil contient des ouvrages tous liés aux lois de 1860 et 1864 sur le reboisement et le gazonnement des montagnes. Ce sont :

  • Lois du 28 juillet 1860 et du 8 juin 1864, sur le reboisement et le gazonnement des montagnes, précédées des rapports et exposés qui ont motivé leur présentation au Corps Législatif, et suivies du décret du 10 novembre 1864, portant règlement d'administration publique pour leur exécution. 1870.
  • Direction générale des forêts. Reboisement et gazonnement des montagnes. Instruction générale, par Henri Faré, 1875.
  • Les torrents des Alpes et le pâturage. Seconde édition, par Louis Marchand, 1876.
  • Le reboisement et le regazonnement des Alpes. 1864. 2e édition (conforme à la première), par Auguste Mathieu, 1876.
  • Exposition universelle de 1878. Notice sur les cartes, dessins, modèles et ouvrages relatifs aux travaux du service de reboisement des montagnes dans le bassin de la Durance (Basses et Hautes-Alpes), par Prosper Demontzey, 1878.
  • Reboisement des montagnes (Exécution des lois du 28 juillet 1860 et du 8 juin 1864). Compte rendu des travaux de 1869 à 1874. Rapport, par Prosper Demontzey, 1875.
Tous ces ouvrages ont été publiés à Paris, par l'Imprimerie Nationale.



J'ai déniché dans une vente aux enchères de Villefranche-sur-Saône un panorama photographique pris depuis le Tête de la Maye, au-dessus de La Bérarde. On y voit tout le massif depuis La Meije, jusqu'aux Bans, en passant par les Ecrins. Ces photos sont signées de Tairraz et peuvent être datées des années 1900. La panorama complet fait 109,3 cm de long sur 19,6 cm de haut. Il permet d'illustrer les pages consacrées aux Images anciennes de la Meije et aux Images anciennes des Ecrins.


Pour finir ce soir, un fidèle lecteur de mon site, libraire en Allemagne et bon connaisseur de la langue française a traduit la page de titre de cet ouvrage que j'ai décrit il y a quelques semaines : publié à Leipzig en 1724, c'est une entrevue imaginaire au "Royaume des Morts", entre Lesdiguières et César, duc de Vendôme. C'est un ouvrage en allemand, publié par David Fassmann, qui appartient à une série d'entretiens imaginaires parue sous le titre de : Gespräche in dem Reiche derer Todten
La page de titre est :

La traduction proposée depuis un allemand "baroque" est :
Entretiens au royaume des morts, soixante-seizième entrevue, entre le très-fameux duc de Lesdiguières, connétable de France, et le défunt duc de Vendôme, également un très brave maréchal de France, contenant la vie, le courage de lion, et les grands exploits de ces deux personnes extraordinaires et excellentes.
Avec la substance des choses remarquables les plus nouvelles et des réflexions curieuses sur celles-ci.

dimanche 8 février 2009

Lesdiguières : dernière saison

Je reprends ce terme désormais familier aux amateurs de séries pour simplement dire qu'avec la description des 3 ouvrages de ce week-end, je clos ma description d'ouvrages sur Lesdiguières.

Pour commencer, c'est le monumental ouvrage du comte Douglas et de Joseph Roman :
Actes et correspondance du connétable de Lesdiguières, publiés sur les manuscrits originaux, Grenoble, 3 volumes, 1878, 1881 et 1884.

C'est un ouvrage de référence, qui a été largement utilisé par Stéphane Gal dans son étude récente sur Lesdiguières. Mais comme chez moi, le bibliophile n'est jamais loin de l'amateur d'histoire, j'ai d'autant plus de plaisir à décrire cet exemplaire qu'il rassemble toutes les qualités du bel objet bibliophilique.

La reliure : demi chagrin à coins, d'exécution impeccable, signée Guétant (à propos, si quelqu'un en sait plus sur ce relieur, je suis intéressé).


La provenance : la bibliothèque de l'érudit dauphinois Pierre Saint-Olive, avec son bel ex-libris (probablement celui que je préfère de tous ceux que je possède).


Il a truffé son exemplaire d'une lettre manuscrite de Lesdiguières et de 3 gravures le représentant :





On en oublierait presque de dire que c'est un bel ouvrage, à la page de titre orné du blason en couleurs et doré de Lesdiguières, imprimé sur un beau papier de Hollande, des papèteries BFK de Rives (cet exemplaire est un des 125 sur Hollande).


Arrêtons- là, cela va rendre certains jaloux. Pour compléter, une petite curiosité : un ouvrage autographié, tiré à 45 exemplaires, donnant le : Catalogue des pièces réunies jusqu'ici (1er septembre 1866) pour servir à la publication des : Documents relatifs à Lesdiguières, entreprise sous les auspices et avec le concours de l'Académie Delphinale. Ce catalogue fait suite à une première tentative avortée de publier la correspondance de Lesdiguières.



Pour finir, le week-end a vraiment été bibliophilique. J'en avais déjà parlé, mais j'ai décrit plus complètement un ouvrage publié à Leipzig en 1724, qui est une entrevue imaginaire au "Royaume des Morts", entre Lesdiguières et César, duc de Vendôme. C'est un ouvrage en allemand, publié par David Fassmann, qui appartient à une série d'entretiens imaginaires parue sous le titre de : Gespräche in dem Reiche derer Todten
Je reproduit la page de titre et la gravure en frontispice. Si un lecteur germanophone peut me lire et me traduire cette page de titre, j'en serai heureux (je n'ai aucune notion d'allemand et Google traduction a tout de même du mal à traduire l'allemand).



Là aussi, ce qui ajoute quelque chose à cet exemplaire, c'est la très belle reliure en plein maroquin rouge, signée par Yseux, successeur de Thierry-Simier et surtout les armes d'Henriette, duchesse de Vendôme, qui ornent les plats.



Ce qui fait la saveur de cette provenance, c'est que je possède un ouvrage dont cette même Henriette, duchesse de Vendôme est l'auteur. C'est : Fleurs des Alpes, publié en 1928 par Gonin, à Lausanne, illustré de 116 aquarelles de la dite princesse. L'exemplaire que je possède contient en plus deux aquarelles originales. Je me fais un plaisir de vous présenter la plus belle.


Cette autre aquarelle représente une Anémone printanière au col du Lautaret avec la Meije dans le fond.


dimanche 1 février 2009

Miscellanées

Je reprends ce terme au charme suranné, à Hugues, du Blog du Bibliophile. Il me ramène à ces revues savantes du XIXe siècle qui avaient toujours une rubrique "Miscellanées", dans laquelle on y trouve ces petites perles d'érudition qui font le bonheur du bibliophilie érudit. Cette courte introduction pour dire que je n'ai décrit aucun ouvrage ce week-end (repos bien mérité après les 11 ouvrages décrits en janvier), mais que je me suis consacré à des sujets divers et variés dont je vais vous entretenir

J'ai enrichi ma description de l'Album du Dauphiné des 4 planches consacrées a la Grande-Chartreuse. Encore une demande d'un lecteur (ils sont insatiables !)





Au passage, j'ai photographié le beau portrait de Lesdiguières par Alexandre Debelle.


Autre divertissement dauphinois, les quelques commentaires que j'ai ajoutés sur la fiche libraire de Bertrand, de "L'amour qui bouquine", sur les Statuts du Dauphiné, de 1508, qu'il a décrit sur son blog :
http://le-bibliomane.blogspot.com/2009/01/fiche-libraire-statuta-delphinatus-ou.html

J'en profite pour donner une reproduction de la page de titre, de l'exemplaire proposé par Teissèdre. Cet ouvrage est indispensable à une Bibliothèque Dauphinoise et je ne l'ai pas. Quand on sait qu'il le propose à 12 000 € (oui je sais, on peut négocier), je crois que je vais lancer un appel aux dons. Je vais instituer le Dauphineton.



Pour finir, une petite histoire savoyarde. Parmi mes ancêtres, j'ai une famille Girard, du Bourget-du-Lac, qui s'est expatriée dans la première moitié du XIXe siècle à Naples, comme papetiers. C'est probablement en lien avec l'industrie papetière présente dans cette commune qu'ils sont partis les représenter à Naples. Un de fils, Joanny Girard, a laissé quelques tableaux, avant d'y mourir à l'âge de 29 ans. Cette famille est revenu à Grenoble, puis Pont-de-Claix, où il existe toujours une rue Antoine Girard, en l'honneur d'un de mes lointains ancêtres qui en avait été maire. Ces montagnards avaient la bougeotte !

Les tableaux du peintre Joanny Girard, dont beaucoup sont des vues de Naples, ont ensuite été dispersés au sein de la famille. C'est comme cela qu'un tableau m'a été donné par une cousine de mon père. Il doit représenter un village de la région de Naples et a dû être peint dans les années 1850/1860. En mauvais état, j'ai eu la chance de trouver une restauratrice de tableaux talentueuse qui lui a donné une nouvelle jeunesse. En particulier, elle a su lui faire retrouver toute sa luminosité. Je ne résiste pas au plaisir de montrer l'état avant et après du tableau qui doit maintenant trouver une place de choix dans ma bibliothèque.



dimanche 25 janvier 2009

Lesdiguières et Henry Gauthier-Villars, dit Willy.

Curieux rapprochement entre ces deux personnalités qui n'ont, apparemment, rien à voir.

Sur le premier, j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer. Sur le deuxième, célèbre personnalité du Paris de la Belle époque et éphémère mari de Colette, nous verrons plus loin qu'il n'est pas totalement étranger au Champsaur, dont Lesdiguières était originaire et qu'il fit ériger en duché.



Poursuivant mon travail de description des ouvrages sur Lesdiguières, j'ai travaillé ce week-end sur une petite plaquette biographique : Lesdiguières, par Joseph Roman, publiée en 1875. C'est un tiré à part, au tirage de 20 exemplaires, extrait de l'introduction de la publication de la correspondance de Lesdiguières, par Joseph Roman et le comte Douglas. Ce qui fait le prix de l'exemplaire que je décris est que c'est l'exemplaire personnelle de Joseph Roman, dans une reliure demi chagrin à coins, avec le bel ex-libris de l'érudit haut-alpin.


Joseph Roman, qui souvent n'hésite pas à émettre des jugements tranchants, voire partisans, se montre très équilibré dans son appréciation de Lesdiguières. Il sait reconnaître le "singulier mélange de grandes qualités et de grandes faiblesses", même s'il finit par conclure que c'est "une personnalité brillante, mais non pas un noble caractère". Probablement marqué par la vague de patriotisme qui a suivi la défaite devant l'Allemagne en 1870 (ce texte est daté de 1875), il met à son crédit qu'il "se distingua de ses contemporains par un véritable amour pour la France et pour le roi Henri IV." Cette fidélité est une des qualités qui a toujours été reconnue à Lesdiguières.


Pour passer à Henry Gauthier-Villars, dit Willy, je prépare une synthèse sur l'ascendance haut-alpine du personnage. On sait qu'il descend de Dominique Villars, le célèbre botaniste du Noyer. Ce que l'on sait moins est qu'il descend d'un autre Dominique Gauthier, du même village du Noyer, dont les frères, un fils et un petit-fils ont fait souche à Lons-le-Saunier comme imprimeurs et libraires. Je reviendrai sur l'histoire de cette famille, dont la renommée a pris une dimension nationale grâce à Jean-Albert Gauthier-Villars (1828-1898), le fondateur des éditions du même nom et père du fameux Willy. Cette semaine, j'ai acheté une petite plaquette qui célèbre le centenaire de cette maison d'édition spécialisée dans les ouvrages scientifiques et mathématiques.


Et le lien avec Lesdiguières, me direz-vous ? Le Noyer est une village du Champsaur proche de Saint-Bonnet, bourg natal de Lesdiguières, et mitoyen avec Le Glaizil où se trouve le château des Diguières. L'autre lien est que je me suis simultanément intéressé à ces deux personnalités.

dimanche 18 janvier 2009

Publications lesdiguièrennes

Je ne sais pas si l'adjectif lesdiguièren existe. Si non, je l'invente pour qualifier mon activité de ce week-end. Pour compléter le travail des semaines précédentes, j'ai décris 5 plaquettes, d'intérêt divers, qui concernent toutes Lesdiguières.

Les deux plus intéressantes sont consacrées à Marie Vignon. Epouse d'Ennemond Matel, marchand de soie à Grenoble, Marie Vignon devient la maitresse de Lesdiguières, à qui elle donne deux filles : Françoise, née vers 1604, et Catherine, née vers 1606. Devenu veuf, Lesdiguières l'épouse en 1617 après l'assassinat aussi mystérieux qu'opportun de son premier mari Ennemond Matel :


J.-J.-A. Pilot de Thorey : Recherches sur Marie Vignon. Femme en premières noces d'Ennemond Matel, marchand de soie de Grenoble, titrée dame de Moirans et marquise de Treffort, femme en secondes noces du Connétable de Lesdiguières, Grenoble, 1887.


Joseph Roman : Dernières années de Marie Vignon, veuve du connétable de Lesdiguières, Grenoble, 1893.


On ne dira jamais combien ces petites études sont indispensables à l'histoire. Sur Marie Vignon, sujet certes mineur, c'est encore quasiment tout ce que l'on sait d'elle. C'est l'intérêt de ces études, mais aussi leur faiblesse. Les inévitables erreurs qu'elles contiennent sont ensuite répétées et reproduites à l'infini, jusqu'à ce qu'une nouvelle étude vienne les corriger. Mais qui voudra s'intéresser aujourd'hui à Marie Vignon ? Peut-être qu'un jour, quelqu'un se penchera de nouveau sur le destin de cette femme, mais j'en doute beaucoup.

Rapidement, les trois autres ouvrages sont plus anecdotiques :

Joseph Roman : Deux pseudonymes de Lesdiguières, Grenoble, 1912.
Général Joseph Revol : Lesdiguières. Essai de psychologie militaire, Paris, 1949.
Lucien Charbonnel : Lesdiguières et les guerres de religion dans le Haut-Dauphiné, thèse présentée devant la Faculté de théologie protestante de Montauban, en 1905. Elle conclut que les guerres de religion ont été un mal nécessaire qui a permis de maintenir la Réforme en France.

Pour finir, la belle photo du mausolée de Lesdiguières, sculpté par Jacob Richier, actuellement conservé au Musée départemental de Gap.

dimanche 11 janvier 2009

Lesdiguières, suite

Après la biographie d'Emile Escallier, revenons à un ouvrage plus ancien, publié en 1802 :
Histoire abrégée de la vie de François de Bonne, duc de Lesdiguières, pair et dernier connétable de France, Grenoble, Imprimerie David, An X (1802).




C'est un abrégé de l'histoire de Lesdiguières de Louis Videl (voir un des messages précédents), par Jean-Claude Martin. Cet ouvrage rare ne nous apprend rien sur Lesdiguières, mais est intéressant à titre historique. On y trouve cette glorification des grands hommes du Dauphiné après la Révolution, comme ciment de la création d'une identité dauphinoise au moment même où les particularités du Dauphiné étaient en cours d'absorption dans la réorganisation administrative de la Révolution et de l'Empire.

C'est presque une édition populaire, avec sa gravure représentant Lesdiguières de façon presque naïve et dans tous les cas grossière.


Pour finir, je pense à ce pauvre Jean Claude Martin
(1766-1847), ecclésiastique et érudit qui n'a laissé de lui qu'un piètre souvenir. Deux jugements par deux érudits du Dauphiné; d'abord Adolphe Rochas, puis Alfred de Terrebasse :

Adolphe Rochas : "de toutes ses élucubrations, il n'a fait imprimer qu'un petit nombre de brochures peu estimées, et n'offrant de l'intérêt que dans les interminables notes, résultat indigeste de ses grandes lectures, dont il les a farcies". Et pour enfoncer le clou : "malgré le peu de succès de ses écrits, ce bon et excellent homme se croyait sérieusement archéologue de première force".

Alfred de Terrebasse : "M. Jean-Claude Martin, recteur de la paroisse de Clansayes, était connu pour un de ces collecteurs naïfs dont les ouvrages se recommandent plus par les documents qu'ils exhument, que par ce qu'ils savent y ajouter de leur chef."

mercredi 7 janvier 2009

Suite sur Lesdiguières

Une rapide description ce soir, l'ouvrage de synthèse d'Emile Escallier :
Lesdiguières, dernier connétable de France, publié à Lyon, chez Lardanchet en 1946.


dimanche 4 janvier 2009

Vœux 2009 et premières publications.

Comme il se doit, je débute l'année par mes meilleurs vœux pour 2009. A mes lecteurs occasionnels et habituels, je souhaite que l'année soit riche en découverte dans les domaines qui les passionnent, que ce soit les livres, la bibliophilie, mais aussi la montagne, les Alpes et que sais-je encore, car je ne pense pas pouvoir imaginer tout ce qui intéresse mais lecteurs et qui les amène à consulter mon blog ou mon site.

Comme l'année dernière, le mois de janvier est propice aux bilans. Un premier sujet de satisfaction est l'augmentation notable du nombre de visites : 20 784 en 2008 au lieu de 5 918 visites en 2007. En novembre, j'ai même une pointe à 2 422 visites.

En analysant plus finement, je me rends compte :
  • 84 % des visites arrivent par les moteurs, essentiellement Google..
  • 8 % directement, ce qui montre que je suis maintenant inclus parmi les favoris de certains internautes
  • 8 % par des sites extérieurs (1 716 visites), la majorité étant des liens Wikipédia, mais aussi des liens depuis des sites amis comme : bibliophilie.blogspot.com et le-bibliomane.blogspot.com.
Les recherches les plus fréquentes pour arriver jusqu'à mon site sont celles qui portent sur les ex-libris, l'histoire du Dauphiné, la topographie, les nobiliaires du Dauphiné et l'histoire des familles, le patois du Dauphiné (sujet qui intéresse visiblement beaucoup), mais aussi les requêtes sur des personnes comme Champollion, Guy Allard, Ulysse Chevalier, Diodore Rahoult, etc.

La page la plus vue de mon site est celle consacrée à l'ouvrage : Lettres à Lucie sur le canton de Mens, du pasteur André Blanc, publié en 1844. Ce succès inattendu est dû, comme je l'ai déjà expliqué, au très bon positionnement de l'illustration de la lettre manuscrite qui truffe cet exemplaire. C'est inimaginable le nombre de gens qui cherche une image de lettre manuscrite !

Après les quelques pages générales (Accueil, liste des Ouvrages, liste des personnes, etc), les 15 pages les plus vues sont :
  • Les ex-libris dauphinois.
  • Les images anciennes de la Meije.
  • L'armorial du Dauphiné.
  • La carte du Haut-Dauphiné, de Bourcet.
  • Les monuments celtiques, de Jacques Cambry.
  • Zizimi, de Guy Allard.
  • L'album historique du Dauphiné.
  • La topographie de la frontière des Alpes, de Montannel.
  • La description des vallées du Dauphine, de Pesay.
  • La page thématique sur le patois du Dauphiné.
  • Grenoble inondé, de Pilot de Thorey.
  • Le nobiliaire du Dauphiné, de Guy Allard
  • La page thématique sur l'histoire du Dauphiné.
  • La plaquette sur le voyage de Colaud de la Salcette en Oisans en 1784
  • Champollion-Fgeac
On retrouve quelques pages nouvelles de cette année. Lorsque le sujet rejoint une préoccupation des lecteurs, elles trouvent très vite leur public.

J'ai décrit 52 ouvrages cette année. J'ai fini l'année avec 178 ouvrages décrits eu total sur mon site.

Pour ce qui est du blog, dont c'était la première année d'existence complète, il atteint presque 1 500 visites. J'ai publié 62 message, en tentant d'être le plus régulier possible. Je sais que c'est cela que les lecteurs habituels apprécient le plus. C'est comme un rendez-vous.

Mais, au delà de ces chiffres, le meilleur encouragement est les nombreux mails que je reçois, dont certains ont conduit à des échanges intéressants. Si certains de mes interlocuteurs lisent ce blog, qu'ils en soient remerciés. Autre source de satisfaction, les échanges que j'ai eus avec Hugues du Blog du Bibliophile et Bertrand du blog Le Bibliomane moderne et, au-delà, tous les contacts que j'ai eus par ces deux intermédiaires.

En 2009, je vais poursuivre mon travail, en espérant pouvoir continuer à susciter l'intérêt de nombreux amoureux des livres, du Dauphiné, des Alpes et de leur histoire.

Deux nouvelles publications.

Comme promis, j'ai commencé à décrire les ouvrages sur Lesdiguières que je possède. Je commence évidemment par la biographie par laquelle tout a commencé : celle de Louis Videl :
Histoire de la vie du Connestable de Lesdiguières, l'édition de 1638, exemplaire dans une reliure d'époque.



J'ai donc créé une page thématique sur François de Bonne, duc de Lesdiguières qui servira de point d'entrée à tous les ouvrages le concernant que je souhaite décrire sur cet site. J'ai illustré cette page avec le beau portrait qui orne l'ouvrage de Videl.



Autre sujet, qui n'a rien à voir : Grenoble secret
, de Madeleine Rivière-Sestier, publié en 1968.


L'ouvrage est illustré de photographies en noir et blanc de Madeleine Rivière-Sestier. Comme on pourra en juger, le style appartient à celui du réalisme photographique des années 30 à 50, illustré par Robert Doisneau ou Brassaï. J'aime beaucoup ce style de photographies.


On y retrouve un Grenoble disparu, avant que la politique de réhabilitation ou rénovation des centres-villes n'ait fait ses ravages, transformant nos villes en musées, voire même en parcs d'attraction (certaines de ces rénovations ne nous rappellent-elles pas le château de la Belle au Bois Dormant de Disneyland ?)