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dimanche 2 novembre 2014

Une bande desssinée haute-alpine de .... 1889 !

On attribue généralement à Töpffer l'invention de la bande dessinée (voir la notice wikipedia bien complète : cliquez-ici). Les Hautes-Alpes ont eu leur Töpffer en la personne d'Emile Guigues (1825-1904), un illustrateur d'Embrun dont j'ai souvent eu l'occasion de parler ici (cliquez-ici).

En 1889, il fait paraître le n° 1 des Albums Emile-Emile : La métamorphose. Vieux conte villageois traduit en 21 croquis. 


C'est une suite de 21 dessins qui illustrent une conte populaire de la région : la métamorphose de l’âne. En deux mots, c'est l'histoire d'un brave paysan qui se fait abuser par deux filous dont l'un a subrepticement remplacé son âne alors qu'il le menait au marché. Comme dans tous ces contes, la morale est sauve, le paysan reconnaît son âne au marché et les deux filous sont confondus.

La trame de l'histoire est rapidement donné en première page :
 

Ensuite, l'ouvrage contient une série de dessins, sans légende, mais suffisamment explicites, qui illustrent l'histoire. A titre d'exemple :








Pour la série complète, voir la page que j'ai consacrée à l'ouvrage : cliquez-ici.


Cette petite publication, rare (elle a été tirée à 200 exemplaires), est une impression autographiée, comme, semble-t-il, beaucoup des "bandes dessinées" des origines.

Le 4ème de couverture est une belle représentation de la Reine des Alpes ou Panicaut :


samedi 20 mars 2010

Un recueil d'eaux-fortes de l'illustrateur haut-alpin Emile Guigues

Pour terminer mon cycle consacré à Emile Guigues, je vous présente un recueil de 27 eaux-fortes publié 25 ans après sa mort. Il reprend des thèmes qui lui sont chers : paysans, mendiants, scènes de la vie quotidienne, animaux, dont de très nombreux ânes, etc., images de son pays natal, l'Embrunais.

Ce recueil a été publié par les éditions Didier & Richard de Grenoble en 1929, à 130 exemplaires sur beau papier (les eaux-fortes sont sur chine). Il est simplement titré :
En montagne. Bêtes et gens de l'Embrunais. Il est présenté sous portefeuille.

Pour plus d'informations, cliquez-ici.

J'ai sélectionné 12 eaux-fortes. La première est un autoportrait d'Emile Guigues.

1 - Portrait d'Emile Guigues.


2 - Tête de paysan. Le père Matheron de Serre-Bouton.


3 - Page de croquis.


4 - Le rémouleur du Queyras.


7 - Les besaciers, service de subsistance.


10 - Le tondeur.


13 - Le départ pour les champs.


15 - Les faucheurs.


17 - Un brin de causette sous les bois.


20 - Bergers et moutons.


23 - Coin de foire à Embrun.


25 - Ane au repos.

dimanche 7 mars 2010

"Congrès du Club alpin à Briançon" (1886), illustré par Emile Guigues

La semaine dernière, j'évoquais un exemplaire du Congrès du Club alpin à Briançon, à propos d'un dessin original d'Emile Guigues. Il n'en suffisait pas plus pour m'amener à vous décrire plus complétement cet ouvrage.

L'auteur d'abord. Armand Chabrand est né à Briançon le 21 janvier 1854. Il est le fils de Jean-Armand Chabrand, un médecin briançonnais, érudit à ses heures perdues. Quant à Armand Chabrand, avocat à Grenoble, il "a été l'un des plus zélés ascensionnistes du Dauphiné. Il jouit dans l'alpinisme dauphinois d'une grande et légitime réputation qu'il doit non seulement à sa participation aux plus rudes et périlleuses ascensions, mais encore à ses écrits." (pour reprendre ce qu'en dit Aristide Albert dans son style un peu désuet). Il fut président de la Société des Touristes du Dauphiné. Il eut en particulier à traiter le litige entre cette Société et le Club Alpin Français à propos de la responsabilité et de la tutelle des guides des massifs du Haut-Dauphiné. Il est un des modestes acteurs de la découverte et de la mise en valeur des massifs du Haut-Dauphiné, ce que l'on appelle aujourd'hui l'Oisans et les Ecrins.

En 1886, pour la première fois, le congrès du Club Alpin Français se tient dans cette partie des Alpes, délaissant pour un fois la Savoie. En août 1886, de nombreux congressistes se retrouvent à Briançon. L'événement mérite d'être immortalisé. Armand Chabrand, aidé du talent d'illustrateur d'Emile Guigues, publie en 1887 chez Emile Baratier à Grenoble, une petite plaquette :
Briançon. – Prorel. – Névache. – Le Mont-Genèvre. – Le Queyras. – Vallouise. – La Bérarde.
Congrès du Club-Alpin Français.
Fête alpine de la Société des Touristes du Dauphiné à la Bérarde.
(Pour plus de détails, cliquez-ici)


L'ouvrage vaut surtout pour les illustrations d'Emile Guigues. D'abord les couvertures :



Ensuite, les 4 planches hors texte.

Cascades de la Clarée (cascades de Fontcouverte)


Vallouise - vallée de l'Onde


Danse du Bacchu-Ber


Briançon - rue de la Gargouille



Pour finir, une page, avec un des 34 dessins à la plume d'Emile Guigues, reproduit en rouge. On peut reconnaître l'hospice du Lautaret et le massif de la Meije en arrière plan.


Il s'agit de l'exemplaire du grand érudit haut-alpin Joseph Roman, avec son ex-libris et son monogramme doré poussé en queue.


Comme toutes celles de la bibliothèque de Joseph Roman, la reliure est sans ostentation, mais soignée.


En ressortant cet ouvrage, j'avais oublié que je l'avais truffé du menu d'un repas en mémoire d'Auguste Vagnat, ancien président de la section de Briançon du Club Alpin Français. Il est orné d'un portrait-charge d'Eugène Tézier, un illustrateur qui a été très actif dans le Dauphiné à la fin du XIXe siècle, dans le milieu de la montagne.


Pour vous mettre en appétit, le menu lui-même :

dimanche 28 février 2010

"Séchot et Poulard", par l'illustrateur haut-alpin Emile Guigues (1825-1904)

J'ai déjà eu l'occasion de parler d'Emile Guigues, illustrateur né à Embrun (Hautes-Alpes) en 1825 et mort dans cette même ville en 1904 (pour voir les messages, cliquez-ici). Il a laissé une œuvre importante, dont la renommée n'a malheureusement pas dépassé le département. Il a pourtant beaucoup œuvré pour la connaissance des Hautes-Alpes et de ses montagnes. Il a mis son talent d'illustrateur au service de toutes les publications qui voulaient mieux faire connaître les montagnes du département, c'est à dire ce que l'on appelle maintenant le massif des Ecrins, mais aussi les autres massifs, en particulier ceux qui entourent Embrun. Il a ainsi illustré de nombreux articles des annuaires du Club Alpin Français, mais aussi des ouvrages comme : Grenoble considéré comme centre d'excursions alpestres, de Henry Duhamel, dont la première édition a paru en 1893, Au Pays des Alpins, du même Duhamel (1889), etc.

En 1886, il fait paraître un récit humoristique d'une excursion en montagne par deux vieux garçons, traité à la manière d'une bande dessinée, abondamment illustré de dessins légers et souvent drôles : Séchot et Poulard, publié à Grenoble chez Emile Baratier.


Les deux couvertures :


Ces quelques images donnent un bon aperçu du style d'Emile Guigues :






J'ai eu la chance de dénicher dans une vente aux enchères un des rares exemplaires sur papier Japon (25 Japon sur un tirage total de 1025). Il est complété d'un dessin original d'Emile Guigues, à l'encre de Chine ,qui représente le vallon du Rabioux, près de Châteauroux, dans les Hautes-Alpes (sur la route d'Embrun à Briançon).

Pour finir, l'exemplaire a été relié par Stroobants, en demi chagrin.


Il ne manque plus à cet exemplaire qu'une provenance pour en faire un exemplaire parfait de bibliophilie. Dans la notice bibliographique parue dans la Petite Revue Dauphinoise, 1886-1887 (p.141), un anonyme qui se cache sous le pseudonyme de Zède nous dit : "il est une chose que je leur préfère [aux dessins et fusains], ce sont les lettres illustrées que l'auteur adresse à ses amis, ce sont des œuvres à conserver." En lisant cela, un seul regret : que cet exemplaire ne soit pas aussi truffé d'une lettre illustrée. La bibliophilie est une quête du Graal !

De plus, cela m'a permis de compléter ma collection d'images anciennes de la Meije (pour voir, cliquez-ici) :


Pour finir, un florilège d'illustrations d'Emile Guigues.

D'abord, un dessin original et un envoi humoristique à Joseph Roman dans un exemplaire du Congrès du Club alpin à Briançon.

Ensuite, glanées ici ou là... toujours dans ma bibliothèque.





Pour toutes les références dans ma bibliothèque, voir cette page (cliquez-ici).