dimanche 14 septembre 2008

Un an déjà !

Il y a un an, le samedi 15 septembre 2007, je créais mon blog en publiant mon premier message. Depuis, j'ai posté 45 messages et j'ai eu 600 visiteurs. Je me sens toujours d'attaque pour continuer à décrire ma bibliothèque dauphinoise.


Justement ce week-end, j'ai décrit deux ouvrages. Le premier est une étude assez pointue sur un épisode mal connu de la Révolution dans le Dauphiné : la position des assemblées primaires de l'Isère après le coup de force contre les Girondins les 31 mai et 2 juin 1793. Le discours d'Antoine Français de Nantes a été décisif pour maintenir la neutralité du département dans la lutte entre les Jacobins et les Fédéralistes. Cet épisode est raconté par Auguste Prudhomme dans son ouvrage paru en 1907 : Le Fédéralisme dans l'Isère et Français de Nantes. C'est l'occasion de rencontrer une nouvelle fois ce personnage dauphinois, attachant et lui aussi mal connu. J'ai amplement complété la biographie d'Antoine Français de Nantes, en particulier sur une partie obscure de sa vie : ce qu'il fit entre 1795 et 1798, après la Terreur. C'est alors qu'ils se réfugia dans le Queyras, source d'inspiration pour les meilleurs de ses livres : Le manuscrit de feu M. Jérome et le Recueil des Fadaises par M. Jérome.

Autre description qui n'a rien à voir, preuve de la diversité de mes intérêts pour le Dauphiné : l'ouvrage d'André Allix et Jean Chièze : Montagnards, paru en 1935, avec sa magnifique galerie de portraits de Haut-Dauphinois, par Jean Chièze. S'il ne fallait en distinguer que deux, je citerais les portraits de Pierre Gaspard et Casimir Rodier, tous les deux avec la Meije en arrière plan :




lundi 8 septembre 2008

Les libraires Nicolas de Grenoble, Nicolas Chorier et Luisa Sigea

A tous ceux qui s'intéressent à la bibliophilie dauphinoise, je conseille de se procurer le travail magistral de Henri-Jean Martin et Martin Lecocq : Livres et lecteurs à Grenoble. Les registres du libraire Nicolas (1645-1668), Genève, Libraririe Droz; Paris, Librairie Champion, 1977.



Par une chance extraordinaire, les registres du libraire Jean Nicolas ont été conservés. Ils couvrent les années 1645 à 1668, avec quelques lacunes. Après avoir dépouillés ces registres, Henri-Jean Martin et Martine Lecocq se sont livrés à un travail de bénédictins pour identifier tous les acheteurs et vendeurs de Jean Nicolas et tous les ouvrages achetés ou vendus. L'étude qui ouvre le livre contient une analyse de la société grenobloise du milieu du XVIIe siècle et de ses élites. C'est l'occasion de pénétrer dans les bibliothèques des Grenoblois, d'analyser leur rapport au livre, la nature et la valeur de leurs achats, etc. On apprend par exemple qu'ils étaient peu intéressés par les grands classiques, mais qu'ils étaient grands acheteurs de littérature contemporaine et d'ouvrages de droits. Ils étaient aussi très intéressés par tous les ouvrages d'actualité, en particulier tous ceux qui concernaient les controverses religieuses qui étaient alors très vives dans la province ou les fameuses Mazarinades. Certains mêmes étaient abonnés à La Gazette, que Jean Nicolas distribuait ou mettait à disposition. La clientèle de Nicolas était essentiellement composée de Grenoblois, mais on trouve aussi quelques clients dans le reste de l'Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes. L'autre volet de l'étude de H.-J. Martin traite du métier de libraire et d'éditeur de Nicolas. On y apprend qu'il ne vivait pas seulement de son métier de libraire, mais avait aussi une activité importante de papeterie et, qu'à l'occasion, il vendait des gants, des peaux et autres objets ou se faisait homme d'affaires. Il se trouvait au centre d'un réseau de correspondants, où l'on retrouve de nombreux libraires lyonnais et quelques confrères grenoblois (Philippe Charvys). A travers l'étude de sa situation financière et des prix des livres, il apparaissait indispensable pour lui d'être éditeur et vendeur de contrefaçons.
En plus de cette étude, l'ouvrage contient la listes complète des clients et des libraires correspondants et la liste des livres achetés et vendus.

Pour poursuivre sur le Dauphiné au XVIIe siècle, j'ai décrit ce week-end un bel exemplaire que je viens d'acquérir d'une étude de Paul Allut sur Luisa Sigea, aussi connue sous son nom latin d'Aloysia Sigea : Aloysia Sygea et Nicolas Chorier, Lyon, N. Scheuring, 1862.



Emu par la diffamation dont elle a été victime lorsque Nicolas Chorier lui attribua les dialogues érotiques qu'il publia vers 1660 : Aloysiae Sygeae Toletanae de arcanis amoris et veneris, Paul Allut entreprend de la réhabiliter en écrivant sa biographie. Il rend hommage à son savoir et à sa vertu. Il rapporte de nombreux témoignages élogieux sur elle, laissés par ses contemporains. Cet ouvrage est aussi intéressant par l'étude sur la "paternité" de l'ouvrage érotique en question. On y retrouve le libraire Nicolas, qui aurait publié le livre et dont le fils aurait donné la première traduction. On revient ainsi au début de ce message car Henri-Jean Martin évoque longuement Nicolas Chorier et son ouvrage "infâme", pour reprendre le terme de Paul Allut.

Ce petite plaquette, seulement tirée à 112 exemplaires, a été imprimée par le célèbre Louis Perrin de Lyon sur un beau papier de Hollande des papèteries BFK de Rives.


mardi 2 septembre 2008

L'évolution des glaciers à travers quelques ouvrages sur les Hautes-Alpes.


A la demande d'un lecteur du site, j'ai fait une série de photographies de vues anciennes de la Meije depuis le col du Lautaret. Sa demande était de pouvoir illustrer les évolutions des glaciers du Lautaret et de l'Homme. Je me suis pris au jeu et je lui ai envoyé 5 photos.

La première est la reproduction de la lithographie de L. Sabatier extraite de Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Dauphiné. du baron Taylor et de Charlaes Nodier, publié en 1854. Je n'ai pas l'édition originale de cet ouvrage majeur sur le Dauphiné, mais seulement la réédition qui en a été donné par les éditions Jeanne Laffite en 1982. Je me promets de décrire bientôt cet ouvrage sur mon site.



Ensuite les autres vues sont extraites :

A la France. Sites et monuments. Dauphiné (Hautes-Alpes – Drome – Isère)., par Onésime Reclus, publié vers 1900 :




Richesses de France. Les Hautes-Alpes, édition de 1963 :


Hautes cimes de l'Oisans. 140 photographies des plus beaux sommets du Parc National des Ecrins. , de Jacques Boell et L. Aillet, paru en 1982.



Pour finir, la même vue prise le 18 août 2008 :

Je laisse à chacun juger de l'évolution des glaciers.

Si vous vous intéressez à l'impact du réchauffement climatique sur les glaciers, je vous recommande un ouvrage que j'ai lu cet été : Les glaciers à l'épreuve du climat, de Bernard Francou et Christian Vincent. C'est une bonne synthèse didactique, bien illustrée.

Dans les prochains jours, je reviendrai sur des considérations plus bibliophiliques, autour de la société grenobloises du XVIIe siècle. Nous y retrouverons Chorier, Allard et les libraires Jean Nicolas.

dimanche 31 août 2008

Reprise des publications

Après la trêve estivale, j'ai repris ce week-end mes publications. J'ai commencé "doucement" en décrivant la biographie de Edouard Whymper par Franck Sydney Smythe : Edouard Whymper. Le vainqueur du Cervin. Il s'agit de la version en français, traduite et adaptée par Louis Seylaz, publiée à Lausanne en 1944. Fidèle à ma ligne de conduite, j'ai donné la préférence à un bel exemplaire, en l'occurrence un exemplaire relié en maroquin. J'ai publié quelques photos dans le message précédent.


Même si le Haut-Dauphiné n'a pas été le lieu où le génie d'Edouard Whymper s'est le mieux fait connaître, il revêt une importance toute spéciale dans sa vie. En effet, comme il l'annonce dans sa préface de Escalades dans les Alpes, son ascension du Pelvoux en 1861 a été à "l'origine de [ses] escalades dans les Alpes.". Cela donne une importance considérable à cette première ascension qui fut à l'origine des essais, puis de la victoire de Whymper au Cervin en 1865, victoire qui prit une dimension tragique par l'accident mortel d'une partie de la cordée qui vainquit ce sommet. Il a aussi gravi le premier le pont culminant du massif, la Barre des Ecrins, en 1864.

Le Haut-Dauphiné, "un district très pittoresque, offrant le plus haut intérêt, et demeuré jusqu'à ce jour presque complètement inexploré" (préface de Escalades dans les Alpes), se doit de rendre hommage à Edouard Whymper qui fut l'un des premiers à le découvrir et à le faire connaître.

dimanche 24 août 2008

C'est la rentrée !

Me voilà rentré de vacances ! Très montagnardes cette année, les vacances ont été riches aussi bibliophiliquement parler. Que ce soit mon passage au salon du livre de montagne de Passy ou les visites à mes quelques libraires favoris de Grenoble et Gap, j'ai enrichi ma bibliothèque. Pour les semaines à venir, il me reste encore du travail pour décrire et publier les quelques ouvrages achetés. Pour donner une aperçu, voici les principales acquisitions :

La biographie d'Edouard Whymper par F.-S. Smythe, dans une belle reliure en maroquin :




Montagnards, d'André Allix avec les très belles illustrations de Jean Chièze.





La collection complète, bien reliée, des Bulletins de la Section lyonnaise du Club Alpin Français, dont la publication va de 1878 à 1892. Ils contiennent quelques récits intéressants d'ascensions dans le massif des Ecrins et une des premières études sur le Bacchu-Ber, par Paul Guillemin.



Enfin, j'ai gardé le meilleur pour la fin. J'ai cassé ma tire-lire et j'ai acheté l'ouvrage majeur sur le massif, le magnifique La Meije et les Ecrins, de Daniel Baud-Bovy, dans une belle reliure en maroquin. En avant-première, quelques images qui illustreront la future description de l'ouvrage sur le site :





Evidemment, ces beaux ouvrages ne m'ont pas détourné de mon goût pour les petites plaquettes. Voici un échantillon :



A bientôt avec de nouvelles descriptions !

samedi 2 août 2008

Vacances dans les Hautes-Alpes

Comme chaque année depuis 45 ans, je passe quelques jours dans les Hautes-Alpes. C'est l'occasion de renouer avec ce pays de mes racines. C'est aussi l'occasion d'aller faire un tour chez les libraires de Grenoble, de Gap et d'aller au Salon de Livre de Montagne de Passy. J'y serai le vendredi 8 août. J'espère en ramener de nombreux ouvrages (et pourquoi pas des raretés ?) que je me ferai un plaisir de décrire dès mon retour de vacances. En attendant, le site ne verra pas d'autres publications, mais il y a, me semble-t-il, déjà beaucoup à découvrir. Le moins de juillet a été riche en publications sur la montagne : bio de Henri Ferrand, avec quelques ouvrages décrits, pages sur les Ecrins et le Pelvoux. Pour moi, c'était aussi une façon de préparer les vacances. Comme je suis allée aujourd'hui au Glacier Blanc jusqu'au pied du refuge des Ecrins, j'ai pu voir la Barre des Ecrins comme l'a représentée pour la première fois il y a 143 ans T.-G. Bonney dans Outline Sketches in The High Alps of Dauphiné.




dimanche 20 juillet 2008

Henri Ferrand


Je poursuis mon travail de description des ouvrages sur les montagnes du Haut-Dauphiné. Je ne pouvais évidemment pas passer à côté de Henri Ferrand, un des artisans de la découverte du massif des Ecrins avec Henry Duhamel et Paul Guillemin. Je lui ai consacré une page : Henri Ferrand .



Parmi les 251 ouvrages ou plaquettes qu'il a publiés durant sa longue et active vie, j'ai la chance de posséder quelques pièces intéressantes que j'ai décrites ce week-end :
Recueil de 15 plaquettes, qui contient en particulier : Statistique des premières ascensions des pics du Massif de l'Oisans, par ordre d'altitude avec une Table par ordre Alphabétique, Les premières cartes du Dauphiné et Les Noms des montagnes(Mont Salvador-Guillemin).





Je ne me suis pas arrêté en si bon chemin. J'ai encore décrit deux études intéressantes :
La région du Queyras d'après les anciens géographes
Contribution des Anglais à la topographie du Dauphiné

La deuxième contient une très utile bibliographie des ouvrages en anglais sur la découverte du Haut-Dauphiné ou massif des Ecrins. On y trouve évidemment les ouvrages de Brockedon, Forbes, Bonnet, Whymper, Coolidge, etc.